Titanic
La longueur du film (3 h 10) et le fait d'en connaître la fin par avance ne rassuraient pas quant à l'ennui qui risquerait de vite pointer son nez !
Ce qu'il fera au début, qui semble trop long - ces séquences aquatiques de 1996 sont à mon avis inutiles, maladroites - c'est très american way of story : on commence par la fin et on revient en arrière pour raconter comment on en est arrivé là, non sans réécrire l'Histoire à sa manière, celle d'Hollywood...
Sans doute est-ce là une concession faite aux producteurs, assortie d'une mise en bouche du Sphère à venir - à moins qu'il ne s'agisse d'un rab de pelloche de Waterworld : recyclage, recyclage - vive le compost !
Heureusement, dès que l'on s'installe en 1912, on va vite oublier ses a priori négatifs, précisément dès la première apparition de Kate Winslet descendant de voiture pour monter à bord du Titanic.
C'est décidé, on traversera ce film les yeux sur cette femme - délicieuse figure de proue qui aurait pu inspirer Picasso ! -, buvant religieusement chacune de ses expressions, l'accompagnant et vibrant avec elle jusqu'à la fin... ... du film !
- Plus académiquement on appréciera tous ces symboles, qu'ils soient esthétiques (le couchant sur la proue, les trucages obligés de cette catastrophe "renflouée"), sociaux (les différences de classes non encore remises en question), philosophiques (le naufrage d'un monde et son inexorabilité quasi-irréelle et glacée) ou humains (les réactions de chacun face à son destin).
On regrettera juste qu'en trois heures le caractère des personnages annexes (la mère, le fiancée) n'ait pas été plus fouillé, en insistant sur le contexte de l'époque, et, symbole pour symbole, de l'impasse quant à une possible rédemption par un sacrifice.