J'aimerais pas crever un dimanche
Ne s'adresse pas à tous les publics : il vaut mieux être mature, et savoir lire derrière la forme choisie...
Mais pour qui sait, remarquable.
Paradoxalement (!), c'est le personnage que joue Jean-Marc Barr qui est déjà mort...
Il y a quelque chose de cassé en lui, quelque chose qui ne lui permet plus de voir - de se rappeler - les couleurs, les vraies, celles de la vie - vie qu'il traverse un peu à la manière d'un Harvey Keitel dans le regard d'Ulysse...
C'est qu'il est déjà en enfer, mais il ne le sait pas... vraiment.
Quoique... il y a des signes : cette perte du goût des choses, cet "émoussement" des sentiments, à force de toujours plus...
" Trop de vie tue la vie", en quelque sorte...
Le problème, c'est que s'il est lui-même déjà très près - trop près - du cœur de ce dernier trou noir (n'est-ce pas tout ce qu'il lui reste, ayant perdu le sien ?), il risque aussi d'entraîner avec lui ceux - celles qui l'aiment : sa femme, sa maîtresse (?)...
Il faudra bien toute sa rayonnante, lumineuse légèreté au papillon de nuit - Elodie "Elle écrase sa cigarette..." Bouchez, oh combien vivante (!) - pour, bien que fortement attiré par cet astre obscur, arriver à lui échapper !
Et même, moderne Eurydice, presque réussir à le ramener à son tour de ce côté-ci de la rive - s'il n'était pas déjà trop tard, ou plutôt (soyons optimistes - car le film l'est !) s'il ne s'agissait d'accompagner un ami...
... non sans avoir auparavant réussi à sauver des eaux un Boudu !
Une vie pour une autre, diront les économistes et autres fans de bilans ; une mort pour une vie, diront les croyants - n'est-ce pas là le vrai miracle, qu'un déjà spectre sauve une vie ?
Ne pas rater, donc - et même revoir, qui sait ?
Car le sujet est si riche qu'il mériterait d'être monté au théâtre... plusieurs fois !