de l'année 2000 :
AV : à voir - ne prend pas la tête ; AR : à regarder - pour apprécier ; AE : à éviter.
semaine du 27 décembre 2000 au 2 janvier
:
AE : Après la réconciliation
Si, pour certains, la fin justifie les moyens, et que le manque de ces derniers peut gêner
l'accomplissement de la
première, encore faut-il en avoir une...
... sinon, commencer par s'asseoir à sa table de travail avec un papier et un crayon et mettre
par écrit ce que l'on
veut dire, puis réfléchir à comment le représenter à l'écran ; et après,
seulement,
se posera le problème de tourner... ou ne pas tourner !
AV : Bon plan
Une bonne surprise : a l'air craignos - mais pas la chanson...
Un bon plan toile !
AR ? The closer you get (Séduction à l'irlandaise)
Lent à démarrer ; et puis, quand (n')arrivent (pas) les Américaines à marier dans ce village
aux
confins de la côte
irlandaise, prend soudain un (bon) rythme de croisière...
Comme quoi, même en Irlande, si l'herbe est plus verte dans le pré du voisin, the closer
you
get is (aussi)
the best you can get !
AR : La confusion des genres
... ou l'irrésolu, avec ici, quand même plus voile que vapeur (ou le contraire ?), Pascal
Greggory qui s'y colle !
Bien joué, même si l'on ne croit pas vraiment aux amours ordinaires...
AV : Donjons et dragons
Classique mais bien fichu, ne méritait pas une omission de la part de certaines
critiques...
Décors et effets spéciaux à la hauteur - mais à quand un D & D interactif
?
AR ! Hamlet
Pour en profiter pleinement, mieux vaut (bien) connaître la pièce, car cette version 2000,
outre
sa transposition dans
un New York à la gloire de l'architecture, a subi quelques coupes pour arriver à une longueur
raisonnable
(1h55)...
Pas parfait, mais beaucoup pour y arriver : les grands-angles, le verbe de Shakespeare en v.o.,
la musique qu'on
aurait aimé encore plus présente, voire insistante, la profusion de symboles, le prince du
Danemark version vidéaste-
fétichiste...
AV ! Incassable
(Unbreakable)
Inracontable, évidemment, pour ne pas... casser le suspens !
Disons simplement que l'histoire - toujours d'une sobriété exemplaire, mais ô combien
efficace
! - s'inspire et joue
du thème du contre-emploi des héros développé dans des comics comme
Marvel ou Rising
stars...
Et bien sûr, comme le précédent, la clé du dénouement
était
présente dès le début du
film...
AV : Laissons Lucie faire
... et le charme opérer, petit à petit, au fur et à mesure que les différentes pièces de ce qui va
se révéler un vrai-faux
imbroglio polaro-sentimental !
Question subsidiaire : à quelle catégorie de fille
appartient Lucie
?
AV ! Raisons de vivre
(Sobreviviré)
Ou, plus exactement, comment se (re)trouver des raisons de vivre après un sale coup du sort -
si l'on en croit
l'intention des réalisateurs et la chanson du générique de fin...
Mais foin d'intentions ou de significations, c'est avant tout une vie, sobre, que l'on nous
propose de suivre,
interprétée - pardon, vécue ! - par Emma Suárez, tout simplement...
Une (bonne) raison d'aller au cinéma !
AR : La saisons des
hommes
La saison des hommes, c'est quand ces derniers, qui travaillent le reste de l'année à Tunis,
retrouvent à Djerba leurs
épouses qui élèvent leurs enfants sous la férule de la mère de monsieur - ou comment
l'esclavage se transmet de XX
en XX...
Mais pas de pathos, loin de là : juste, harmonieux et subtil comme un pastel !
semaine du 20 au 26 décembre 2000 :
AV : À l'aube du 6è jour (The 6th day)
Efficace : pas trop complexe (bien expliqué et plutôt plausible) mais suffisamment de
rebondissements pour
maintenir
l'intérêt pendant deux heures !
Dans la ligne de Total recall...
AV ? Billy Elliot
Au niveau des interprètes, ça va, mais l'histoire n'est pas très neuve : de Flashdanse au
récent Girlfight, des Virtuoses à Danse ta vie, ont connaît la (de meilleures) chanson(s)
!...
Quant à la mise en scène, entre la lourdeur du parallélisme conflits des mineurs /
entraînements
"sautillants" et l'absence de la plus petite chorégraphie digne de ce nom, on
reste perplexe quant à
ce qui a poussé le metteur en scène à s'aventurer hors du théâtre - à moins que celui-ci ne l'aie
remercié !
AV : Le Birdwatcher
Franco-portugais, tourné au pays basque, en français, anglais et espagnol, et une intrigue de la
même veine :
hétéroclite, mais le résultat est assez... synthétique !
À découvrir vite...
AV : Family man
Bon, d'accord, on y est allé pour voir Téa "Nora Wilde" Léoni sur grand écran alors que c'est plutôt Nicolas Cage que la family woman qui accapare l'écran - il est vrai que l'on avait eu droit à une version féminine auparavant...
Mais, malgré cela, malgré le réchauffé de l'histoire et l'éternelle apologie très anglo-saxonne de l'argent comme valeur première, on pourra tenir les 2 h 10 assez agréablement - allez comprendre !
AV : Happy Christmas ! (In bed with Santa)
Un noël suédois en famille : a priori rien que de très banal, même pas exotique car, bien sûr, la neige est (bien) au rendez-vous...
Oui, mais, si l'on vous dit que la maîtresse de maison qui a quatre enfants, tous de pères différents, a choisi ce 24 décembre au soir - où elle a invité les pères et leurs épouses actuelles ! - pour annoncer à son (cinquième) mari qu'elle attend un autre heureux événement, alors que...
Mais, courez-y donc, vous aussi êtes invités !
AV : Histoires de fantômes chinois (Chinese Ghost Story)
Très bien fichu, surtout dans la deuxième moitié où une débauche de couleurs et une animation particulièrement soignée et inventive donnent une assez bonne idée des remakes du prochain millénaire : sans acteurs, 100 % dessins animés et 3D sur ordinateur !
Une réincarnation - euh, une re-création réussie...
AV : Marie-Line
Dans la lignée de Nadia et les hippopotames, juste, sensible, tout en demi-teintes et... d'humanité !
Un cadrage légèrement surréaliste qui sait ménager le suspens quand il le faut et, outre Muriel Robin, une distribution remarquable dans les seconds rôles : Fejria Deliba, Valérie "Un homme et deux femmes" Stroh et deux apparitions d'Emmanuelle Laborit et une de Marie "Le rayon vert" Rivière...
Pokemon n° 2 (Le pouvoir est en toi)
AV : Le prince du Pacifique
Plutôt une bonne surprise - on avait craint le pire...
Et mention spéciale pour François Berléand, excellent, qui vole la vedette au tandem Lhermitte-Timsit - ce dernier gagnerait à se renouveler, d'ailleurs !
AR : Les saisons de l'amour
L'enchantement des trois premiers quarts d'heure vole hélas en éclats quand l'on retrouve la période d'occupation à Paris, malgré la présence d'un ange : la chute est dure...
Est-ce dû au (violent) contraste entre la lumière de l'Afrique (et celle de Juliet Aubrey !) et la pénombre du (dernier) métro, ou à celui entre amour potentiel, à venir, et amour charnel, corruptible ?
Heureusement, un troisième amour (une troisième saison ?), ni idéalisé, ni jaloux, peut-être plus modeste, mais surtout désintéressé - le premier, tout simplement - viendra apporter cette fraîcheur qui manque aux adultes !
À noter des courtes apparitions de deux Sandrine...
AV ? Thomas le fauconnier (Sokoliar Tomas)
De très beaux extérieurs, montagnes et forêts, une histoire classique, sise au Moyen Âge,
peut-être trop triviale pour
que certains personnages (secondaires) n'évitent pas la caricature - quand ils ne manquent pas
totalement de
conviction !
Mais bon, se laisse voir accompagné de nos chères têtes blondes...
semaine du 13 au 19 décembre 2000 :
AV : Aniki, mon frère (Brother)
Takeshi Kitano dans son personnage habituel de yakuza, d'autant plus laconique qu'il
débarque à
L.A. sans connaître un mot d'anglais !
Tant qu'on ne s'en lasse pas...
AV ? Antilles sur Seine
Sympathique, mais manque quand même de rythme...
... fût-il antillais !
AV : Les aventures de Tsatsiki
Tsatsiki, c'est le prénom hellénique que se donne le petit suédois dont la mère avait dû
préférer
le marin grec au
pilote de ligne, et dont il s'agit maintenant de faire préférer le motard au bassiste...
Frais, et avec suffisamment de rebondissements pour plaire à toute la famille !
AV ! Calle 54
... ou plutôt à écouter !
Et mention spéciale pour les pianistes...
AV : Chicken run
Dans la veine de Wallace et Gromit, un concentré de volailles savoureux...
... qui aurait était parfait un poil - euh, une plume - dégraissé !
AR : Freedom
Cela commence comme un documentaire, mais sans le commentaire de l'Office du Tourisme qui (ne) va habituellement (pas) avec...
Puis, quelques mots nous font brusquement émerger de cette ambiance documentaire et des échanges de coups de feu achèvent de réveiller les éventuels spectateurs fatigués : ça y est, c'est lancé !
Enfin, ce qui est lancé, c'est la fuite de trois, non de deux personnages par cabotage côté plage sur la côte Atlantique du Maroc...
La mer - les vagues -, le sable - le désert -, le ciel - le soleil -, les visages - le silence - et le bruit - le vent !
AV ! Partagerait bonheur... (The personals)
Un petit bijou taïwanais qu'il faut absolument partager, en effet !
Et, pour ce qui est de la technique, des cadrages variés en adéquation avec chacune des rencontres !
AV !Simon le magicien
Mêle avec bonheur et grâce différents thèmes comme superstition, (année de l') éveil, rédemption, sacrifice et... miracle ?
Une œuvre généreuse et magistrale qui culminera dans les dix dernières minutes au terme d'une séquence magnifique de fluidité et musicalement achevée...
AR : Les yeux fermés
Mieux vaut quand même les ouvrir, les images étant assez sombres ; quant aux oreilles, ne
pouvant les fermer, on
ne pourra éviter quelque agacement pour cause de maniérisme ici - par exemple à propos
d'Orion... et d'Ophélie ! -
ou de lourdeur là - le coup des boîtes noires...
Mais des trucs intéressants, alors... pourquoi pas ?
Autant en emporte le vent (Gone with the wind)
AV : Jason les Argonautes
Garanti 0 % d'effet(s) numérique(s), ce qui ne signifie pas absence de réalisme, loin de là
!
Et de l'humour, aussi ; peut-être involontaire, pas méprisable pour autant...
... mais qui aurait pu l'être, dans une suite éventuelle consacrée à... Médée !
AV ! Un si doux visage (Angel face)
Allez, encore un petit Preminger dans le cadre du festival à l'Action Christine Odéon, qui vaudrait plus qu'un seul jour par semaine !
Ne pas manquer - comme un virage !
semaine du 6 au 12 décembre 2000 :
AV : 50 degrés Fahrenheit
Z'auraient quand même pu traduire le titre en degrés Celsius, je sais bien que 32°F font 0°C,
mais je sais aussi que
comme c'est anglo-saxon (Fahrenheit était allemand et son échelle a été adoptée par les
Anglais... et demeure dans
leurs colonies !), ce serait trop facile s'il fallait se contenter de soustraire 32 à 50 : il doit y
avoir un facteur de 2 ou
5/9 dans l'histoire, nom d'un gallon (3,8 l) !
Enfin, on dira que c'est entre O°C et la température ambiante, si l'on en juge par les efforts du
duo politiquement
correct (un blanc/un noir, un serveur de nuit/un livreur de glace, mais tous deux bons
américains) pour éviter
qu'"Elvis" prenne un coup de chaud !
AR ? Appassionate
C'est l'histoire en chansons d'Anna qui persiste à porter sa robe de mariée depuis que son
promis n'est jamais venu à
l'église, de sa sœur Catherina qui assassine son fiancé qui en épousait une autre, de cette
dernière qui se balade avec
sa robe de mariée rouge de sang qu'elle ne peut se résoudre à détruire, de la prostituée témoin
de ce drame de la
jalousie qui tue un client pour retrouver la fiancée meurtrière dans sa prison, et de la mère des
deux sœurs à qui un
jeune marin rappelle son Portugal natal... Ouf !
N'oublions pas le fantôme du fiancé volage ni la Madona plus ou moins réincarnation
de la femme
infidèle assassinée dans un cinéma par le grand-père (qui avait dû s'exiler à la Martinique) du
marin qui convolera à
la fin avec Anna : tout ceci est, rassurez-vous, on ne peut plus compréhensible ; le seul défaut,
c'est le montage du
film qui, confondant image et son, persiste à identifier changement de séquence avec
(brusque)
changement de (chan)son !
AV ! Citizen Welles (RKO 281)
Un making of romancé du tournage de
Citizen Kane,
"le meilleur film américain" - en tout cas cela vaudrait le coup de le (re)voir
avant de changer de
siècle (et même de millénaire) ! - et où, pour une fois, John
Malkovich n'a pas
le rôle principal ni n'est inquiétant - ici, c'est Liev Schreiber qui joue le rôle d'Orson Welles
en
début de carrière...
Mais il serait injuste d'oublier les autres personnages, du Citizen Hearst (Pop's) à sa
petite amie (Melanie
Griffith), sans oublier le directeur des studios (R(K)Oy Scheider), Maggie "comme
d'hab'"Smith,
etc.
AR ? De la lumière quand même
Quatre témoignages d'enfants de 10-13 ans placés dans des foyers ou une famille d'accueil :
l'absence des parents, le
métier rêvé, ce qui fait peur dans la vie, ce que serait le bonheur, le meilleur copain...
Réserves habituelles quand même pour ce qui est de l'exploitation des enfants par les
médias, fût-ce avec les
meilleures intentions !
AV : Escrocs mais pas trop (Small time crooks)
Des facilités, mais aussi des allusions plus... cultivées !
Selon votre goût pour les cookies...
Le Grinch (The Grinch)
AR ! The human factor (La guerre des
otages)
Resté inédit en France - la faute à quelque malencontreux French factor ? - le dernier
film d'Otto Preminger
tourné en 1979 d'après le roman de Graham Greene illustre
à
merveille, dans ce
Londres de la guerre froide et de ses services secrets (qui a succédé à celui du Ministère
de
la Peur) les
thèmes chers aux deux hommes hélas disparus : le doute, le grisé, le goût pour les intrigues
complexes mais dont le
développement reste parfaitement maîtrisé, une certaine politesse du désespoir et surtout...
l'humanisme !
AV ! Nationale 7
Aperçue sur Arte au hasard du zapping et heureusement - et très justement - sortie en salle cette semaine, une nationale à emprunter sur-le-champ !
Un vrai bonheur incarné en l'occurrence par Nadia Kaci et Olivier Gourmet et... plein d'autres !
AV : Le roi danse
Personnellement, j'aurais pensé que c'eût été Monsieur, le frère du Roi, mais non, il s'agirait bien de Louis XIV, dans ses jeunes années - il est vrai que son règne a été long ! - et sur la musique de Lully qui, lui, était porté sur les garçons...
De bien belles images - surtout la dernière !
AV ! Way of the gun
Un chemin qui n'exclut ni humour, psychologie et... surréalisme !
Sinon, un peu trop sanglant, mais c'est pour de faux !
semaine du 29 novembre au 5 décembre 2000 :
AR : Black and White
Et si la couleur de la peau n'était pas qu'extérieure, mais aussi - ou à l'opposé - un état d'esprit ?
Une distribution bigarrée qui a fait son marché, en vrac, du côté des séries TV et du hip hop - mais aussi de la mode et de la boxe ! - et qui joue avec délice des contre-emplois...
AV : La chambre obscure
... ou : ce que femme veut, Dieu veut !
... et plutôt deux fois qu'une !
Un rôle en (Alién)or pour Caroline Ducey dans ce conte médiéval quasi-parfait...
AV ? Dinosaure (Dinosaur)
Bizarrement les couleurs semblent ternes et la pénombre, trop souvent de rigueur : limites techniques ou artistiques ?
On pencherait pour les secondes, d'autant que le scénario - gentillet - n'exclut pas les bâillements !
AR : Djib
... ou une alternative plus soft de vie en banlieue - ici populaire, certes, mais sans grands ensembles...
Bien fichu malgré le financement limité : à explorer !
AR : Eurêka
... ou le syndrome du survivant, made in japan ?
En sépia, et une mise en scène qui laisse le temps au temps (ce qui, vers la fin, fini par agacer !) : a priori, peu ragoûtant, mais vaut cependant ses 3 h 37 - qui auraient pu être arrondies à 3 !
AV : Girlfight
Un sacré regard que celui de Michelle Rodriguez, qui réussit la gageure de porter d'un bout à
l'autre ce qui est bien
plus qu'un Rocky au féminin !
Et pas caricatural pour autant, ce qui n'était pas gagné d'avance...
AV ! Lise et André
De temps en temps, on tombe sur une perle...
C'est trop rare qu'il ne faut pas la manquer
!
AV : L'ombre du vampire (Shadow of the
vampire)
Ne gâchons pas notre plaisir face au charme vénéneux et à l'esthétisme de ce making
of
romancé du
Nosferatu de Murnau, même si on reste un peu sur sa faim...
Une version light ?
AV : Planète rouge (Red Planet)
Même si côté esthétisme du sol martien (un peu trop
"terranien"
habillé de rouge) et incident dans l'espace (une éruption
solaire de rayons gamma
juste lors de la mise orbite autour de Mars, c'est un peu gros !) on avait connu mieux, la
ballade n'est pas
désagréable...
Il faut dire qu'on est en bonne compagnie !
AR : Les portes fermées
... celles d'une société carcérale qui ne saurait produire que névrosées et psychopathes ?
La chronique ordinaire d'une impasse annoncée - qui n'attend pas le nombre des années
!
AV ? La squale
Assez semblable aux Portes fermées - le milieu clos - mais traité avec moins de finesse (caricatures et lieux communs abondent) et plus de violence explicite...
Des maladresses qu'on aurait volontiers excusées si ce n'était l'absence de propos du film, qui se veut sans doute à l'image des personnages qu'il dépeint : mais existent-ils seulement dans la vie réelle, comme ces pères-arlésiennes ?
AR ! Topsy-turvy
... que l'on pourrait traduire par "sans queue ni tête", comme l'intrigue d'une opérette !
Mais s'il s'agit bien d'opérettes (celles du duo d'outre-Manche Gilbert & Sullivan), cette quasi-historique reconstitution de la période 1885-1886 au Savoy n'a rien d'un art mineur - tout comme la mise en scène et le jeu des acteurs, d'ailleurs !
AR : L'homme au bras d'or (The man with the golden arm)
Un Otto Preminger assez noir, avec un
"Frankie" Sinatra
dealer (de cartes) qui essaie de se reconvertir en... batteur et de décrocher des
"fixettes" : un
sujet étonnant pour l'époque (1955)...
Quant aux deux rôles féminins (Eleanor Parker/Kim Novak) : époustouflants !
AV ! Mon mari le patron (She married her
boss)
Une petite perle de 1935 due à Gregory
LaCava :
drôle, bien sûr, mais
pas pour autant convenue ni dépourvue de tentations...
Ne pas manquer !
semaine du 22 au 28 novembre 2000 :
AR : Les 3 vies de Rita Vogt (Die Stille nach dem Schuss)
Ah, les Trois Vies de Babe Ozouf... euh, non, ça c'est un roman de Didier
Decoin - mais le principe y est...
Il y a aussi un peu de Seconda Volta, quoique la
relation
entre terroriste et
victime
n'y est qu'effleurée, ou du moins à travers les amis qu'on a compromis...
En fait, on lorgnerait plutôt du côté d'Heinrich
Böll et de sa
Protection rapprochée, d'autant que l'héroïne (Bibiana Beglau) a des airs de Katharina
Blum !
AV : Les aventures de Rocky et Bullwinkle
Pas besoin de connaître les personnages des dessins animés pour apprécier - surtout la très
sympathique (!) agent du
FBI (Piper Perabo) qui devra sauver le Monde - enfin,
n'exagérons rien : les crevettes
roses - de la dictature, télévisuelle et légumineuse, de l'infâme Fearless Leader...
Quoi ? You're talking to me ?
AV ? Les blessures
assassines
Fortes réserves quant à l'exploitation cinéma-systéma-tographiques des faits divers (par
ailleurs aussi (in)intéressants
que Madame Bovary !), particulièrement lorsque l'on use et abuse de ce qui se veut
être les "pré-
symptômes" de ce qui va arriver - bref, quand on se veut explicatif...
OK pour l'interprétation ; pour le reste, on préférera le documentaire...
AV ! Bronx-Barbès
Étonnant : un vrai film africain (Côte d'Ivoire) dégagé - hors de la langue ! - de toute
condescendance colonialiste,
qui évite les écueils du pur exotisme, du simplisme, du jeu et/ou du cadrage
approximatifs...
Un must que l'on doit à Éliane de
Latour :
courez-y !
AR : Le café des palmes (Tobia al Caffé)
Bizarre, nostalgique et décalé...
... mais non dénué d'un certain charme !
AR : Le chant de la fidèle Chunhyang
Pour amateurs de pansori - et les autres, pour découvrir...
... à défaut d'apprécier à la première écoute !
AV ? Charlie et ses drôles de dames (Charlie's angels)
Équivaut à un James Bond sans Sean Connery mais... avec trois James Bond's girls
!
Non indispensable, mais on passe un bon moment...
AR : Combat d'amour en songe
Surtout ne pas manquer le début pour la compréhension de ce qui suivra - même si elle ne
saurait, loin s'en faut, être
entière !
Disons que si l'on est à 100 % éveillé, on en saisira bien 80 % au premier passage, et qu'il
faudra revenir en seconde
semaine pour le reliquat...
Dommage, car des transitions plus marquées entre les scènes et les époques, i.e. en
systématisant les changements de
costumes ou en jouant sur les tons de l'image auraient facilité la tâche du
spectateur-reconstructeur !
AR : En quête des sœurs
Papin
Certainement partiel (et donc partial), mais l'instruction de l'époque n'avait pas vraiment
cherché l'exhaustivité
!
Une quête incomplète, certes, mais qui semble plus honnête que la fiction...
AV : Little Nicky
Pas mal, même si on attendait un peu plus au vu de la bande annonce...
Un Dogma revu et corrigé par Adam Sandler...
AV ! Mondo Plympton
Drôle et incisif comme un dessin de Plantu mais... l'animation en plus !
Ne pas manquer.
AR : Paradiso (7 jours avec 7 femmes)
Rien de graveleux, il s'agit des sept femmes qui ont le plus compté dans la vie de ce
compositeur de musique qui
fête ainsi ses 60 ans "en famille" !
En vrac, trois légitimes : Eva, l'actuelle et troisième ; Lulu, une actrice délurée (la seconde) ;
et
la première,
Bérénice - sans Titus, hélas ! - devenue... nonne !
... quatre maîtresses : une cantatrice, Lucia ; une étudiante, Marion ; une qui sera restée
"sans famille
", Jacqueline ; et Lilith, une "kinési-motarde "...
... et dans le lot, deux ou trois "mères de ses enfants" - dont le premier, Billy
commencera par
mettre les poings sur les i !
Bref, un Portrait de groupe avec... dames
plutôt réussi
!
AV : Stardom
Malgré le peu d'intérêt du sujet en lui-même - à moins d'être une lectrice assidue de
Marie-Patch et autres
Plein de culs et images du fion, et/ou fan des émissions poubelles de TF1, M6, F2 et
même F3 -, on va
bizarrement apprécier ce vrai/faux reportage/critique - à la mode de In bed with... -
sur
une Lætitia Casta
canadienne anglophone - et francophobe ?
Tout le métier du réalisateur - entre autres -
de Jésus de
Montréal...
AR ! Tuvalu
Encore une histoire d'eau, mais cette fois-ci, il s'agit d'une
piscine
- et
non d'un
établissement de bains douches ! - mais les personnages du fils et du père sont bien
présents...
En tout cas, au niveau de la vétusté, record battu - ce qui n'empêche pas les moyens
(production allemande ?) !
Esthétique, surréaliste, et... pleinement réussi !
AR : Vies
Un chirurgien des yeux, un sculpteur, un boucher et une monteuse qui a... subi Orson Welles :
quatre portraits
réalisés par Alain Cavalier.
Tournés en DV, apparemment non écrits - et pourtant pas banals !
AV : Volavérunt
On vous laissera deviner ce que signifie le titre - disons que cela a quelque rapport avec la
naissance du
monde... selon Goya !
Une très convenable affaire des poisons espagnole au début du 19è siècle qui
aurait cependant gagné
à l'être moins - plus Liaisons dangereuses, en somme !
AV : Le cardinal
... ou du noir au rouge !
L'ascension d'un jeune prêtre bostonien dans l'entre-deux guerres...
Un Otto Preminger passionnant tout du long, qui
alterne légèreté et gravité,
comme la bonne surprise de rencontrer ici Sissi [sic] mais aussi, en vrac, une
extrême-onction,
un "choix de
Sophie" et l'abjection d'un K.K.K. made in Georgia ou d'une nuit de
"nonce" en
pays annexé !
Puissant.
semaine du 15 au 21 novembre 2000 :
AV ? L'art de la guerre (The art of war)
Démarre bien, la suite se maintient mais les vingt dernières minutes traînent inutilement en
longueur :
dommage...
Quant au final français, ils auraient pu changer le décor d'Un Américain à Paris qui
datait déjà à l'époque
!
AR : Balkan baroque
Retrace de façon originale et sobre le parcours de l'artiste Marina Abramovic : bien fichu(e)
!
Et pourquoi l'Art contemporain n'aurait-il pas droit de cité dans les salles obscures (et sur
Arte, où on eut l'occasion
d'en zapper par hasard quelques fragments) ?
AV : La brèche de Roland (47
min)
... ou la Vie est un éternel recommencement - même en haute montagne !
Une vraie histoire que cette randonnée en
famille, une bonne utilisation
du décor, une interprétation à la hauteur (!) : que demander de plus ?
Et, en complément de programme, aussi sponsorisé par l'Office du tourisme des Pyrénées,
Bernard ou les
apparitions (24 min) : un clou (une vis) chasse l'autre ?
Un court, mais complet !
AV : Ça ira mieux
demain
Pas d'histoire(s) proprement dit, mais des délires à partir de situations triviales de la vie
quotidienne et ses
personnages... à peine caricaturaux !
Au plaisir des acteurs...
AR ! Code inconnu
Bien fichu.
Peut sembler décousu, surtout au début - peut-être de par ces faux chassés-croisés des
personnages...
Mais un vrai décodage de comportements... contemporains !
AV : Honest
Très honnête pour un premier film, même s'il aurait gagné à être un peu plus resserré... et
baigné par la musique
d'Eurythmics de la grande époque !
Trois sœurs - aux caractères proches des sorcières de M6 ! - qui jouent les filles de l'air
(All not
saints) au temps du féminisme de 68...
Saupoudrer d'un brin de retro-psychédélique et des saints... euh, des seins de Sophie... euh,
des sœurs Appleton et
déguster : que demande le peuple ?
AR : Infidèle (Trolösa)
Ne pas se laisser rebuter par la durée (2h35) : de toute façon, un sujet écrit par Bergman,
même réalisé par son actrice fétiche Liv Ullmann , on se doute qu'il ne sera pas expédié en
deux coups de Vacances de l'aaaamour !
Bref, dense mais très digeste... même pour des Latins !
Jour blanc (Snow day)
AV : Liberty Heigts
Drôle et (un peu) nostalgique, mais rappelle aussi que les minorités (ici juive et noire) n'ont
jamais été solubles dans
le fameux melting pot américain !
Plutôt bien réussi dans le genre.
AE : La mécanique des femmes
Rassurez-vous, elle ne sera en rien dévoilée...
On pouvait s'en douter : d'après un roman écrit par un homme, et réalisé par un autre, qui
visiblement (!) ne connaît
pas son sujet !
La "mécanique" était autrement mieux démontée il y a une quinzaine...
AR : L'obscénité et la fureur (La véritable histoire des Sex Pistols) (The filth and
the
fury)
Un montage de pas mal de rushes qui avaient été délaissées, sans doute au profit des extraits
de concerts filmés, qui
à
l'époque, "dégageaient"...
Une rectification quant à ce que certains ont appelé il y a vingt ans La grande escroquerie
du rock'n'roll et un
vrai in memoriam pour Sid Vicious de la part de Johnny Rotten - qui chantait This
is not a love song
!
AR ! Shower
Vous n'en aurez pas besoin d'une froide à la sortie : il ne s'agit pas d'une pub' hot dans
des douches mais
plutôt... de bains !
Bref, une histoire d'eaux, pas une histoire d'O !
Un retour aux sources (!) du fils prodigue, qui avait voulu oublier sa famille, entraîné par le
fast, les
"showers" et l'efficace, et avait oublié de prendre son temps, un bon
bain et surtout que
"différent" n'est pas... useless !
AV ? Snatch (Tu braques ou tu raques)
Dans la série films de gangsters braques...
Pleins de "petits" rôles, dont Brad Pitt qui, décidément, aime se faire taper sur la g...
AV ? Suspicion (Under suspiscion)
On n'en dira pas du mal en le comparant à Garde à vue (il y a assez de morts comme
ça
!) qu'on avait vu lors
de sa sortie, mais, même après tout ce temps, il est difficile de ne pas être déçu du
remake !
Enfin, si l'on oublie la richesse du matériau original et que l'on le considère comme un simple
produit hollywoodien,
pourquoi pas ?
AV ! La lune était bleue (The moon is
blue)
William Holden, Maggie McNamara, David Niven, et tout l'humour des répliques qui fusent
sans temps mort : ça
fait du bien !
Il faut dire qu'il s'agit de l'adaptation d'une pièce de théâtre, et, généralement, on ne peut pas y
utiliser cascades et
effets spéciaux pour cacher la misère des dialogues - comme dans 90 % de la production
hollywoodienne
d'aujourd'hui...
Remarquons, hier avait aussi ses mauvais côtés : cette "lune" qui prônait le
parler vrai et direct a eu
des problèmes avec la censure - sacrée hypocrisie WASP !
semaine du 8 au 14 novembre 2000 :
Blair Witch n° 2 (Le livre des Ombres) (Blair Witch 2 : Book of
shadows)
Le premier était carrément nul, et
on
ne
pense pas qu'un
budget (beaucoup)
plus élevé a pu améliorer les choses !
AR ! Elvis et Marylin (Elvjs & Merilijn)
Ne pas se laisser rebuter par un titre un peu kitsch : le concours de sosies est avant tout un
prétexte qui sert de point
de départ à un voyage à deux vers un El Dorado (en l'occurrence, l'Italie pour une Roumaine
et un Bulgare sans
passeports) qui, bien sûr, s'avérera un miroir aux alouettes de plus !
Onirique mais non sans réalisme, décalé, inquiétant, voire flirtant avec le naufrage, optimiste
pourtant : mais
surtout humaniste...
AV : Il était une fois en Chine n ° 3 : Le
tournoi
du Lion
La suite directe des deux précédents, avec une
toujours
délicieuse treizième
tante - "Aïe l'ovaire" !
AV : Il était une fois en Chine n ° 4 : La danse du Dragon
Suite du précédent, mais on laisse momentanément de côté la treizième tante et sa caméra et
l'on se concentre sur sa
toute aussi jolie sœur (la douzième tante ?) et son journal féministe, tandis que Wong
Fei-hung
(à la recherche de Juliette ?) change de tête !
Mais attention aux plus cinéphiles d'entre vous, ce tournoi de dragons a comme un goût de
déjà vu - pardon, de
déjà programmé... dans un festival Tsui Hark ?
AV : Il était une fois en Chine n ° 5 : Docteur Wong et les
pirates
Drôle, mais aussi le plus sanglant de la série : peut-être parce que sabres et revolvers - on
lorgne déjà du côté du... far east, vu de Hong-Kong ! - se répondent ?
Et l'heure du choix de tante May...
AV : Il était une fois en Chine n ° 6 : Docteur Wong en
Amérique
Un western haut en couleurs : indiens, visages pâles, et... yellow !
Et bien sûr, bons et méchants... dans les deux camps !
AR ? In the mood for love
En bien, on ne devait pas être dans cette humeur-là !
Au début, pourtant, on avait the right mood, mais il a peu à peu laissé place à l'ennui, puis à la déception...
Esthétiquement intéressant, les ralentis et la musique finissent cependant par horripiler quand il s'avère, avec la brusque accélération temporelle et spatiale du dernier quart d'heure, que le réalisateur s'est résolu - faute d'inspiration ou n'ayant pu maintenir "the right mood" - à bâcler un projet, peut-être trop ambitieux à force de trivialité !
AV ? Shaft
Bizarrement, le scénario de ce film qui aurait pu être enlevé montre des faiblesses, à moins que le strict manichéisme des personnages, forcément limités, ait déteint sur la capacité d'écriture des scénaristes quant à une intrigue qui tienne la distance toute la durée du film plutôt que de donner cette impression... de coup par coup !
Pour la nostalgie due à la musique...
AR ? Vacances prolongées
Quand on sait que l'on n'en a plus pour longtemps, pourquoi, si l'on a les moyens, ne pas voyager, camescope en bandoulière ?
Un peu de Népal pour se ressourcer, de l'Afrique (Burkina-Faso et Mali) en parcours obligé, re-Népal à la manière "Philippines" pour guérison-aspiration, un zest de Brésil (survol de favelas en delta-plane pour ne rien regretter ?), puis les États-Unis (San Francisco pour quelque oscar pré-posthume et Chicago pour une médecine plus guerrière - ou du moins non-scandinave) et enfin retour au pays et ses péniches...
AR : Les vainqueurs (House !)
... ou Saving la Scala !
Une histoire de bingo très british - pardon galloise !
Sympathique.
AV ? The watcher (Driven)
Circulez, il n'y a rien à voir... que du déjà vu ?
Non, quand même pas : la mise en scène est assez originale, même si elle peut désarçonner
les
habitués des films du
genre...
En tout cas, elle fait de son mieux avec un scénario pas spécialement original - mais non
exempt d'invraisemblances
ou de lacunes !
AV : Sainte-Jeanne
(Saint-Joan)
... ou les délices de la rhétorique !
Un film d'Otto Preminger, d'après la pièce de
Bernard
Shaw (dont on pourra relire avec plaisir Pygmalion), adapté par Graham Greene (si
vous n'avez pas relu La fin d'une liaison, je ne vous parle plus !) et, last but not
least, une Jeanne d'Arc épatante : Jean Seberg - hélas elle aussi prématurément
disparue...
semaine du 1er au 7 novembre 2000
:
AV : Amours chiennes (Amores perros)
Un chien de combats, un petit chien à sa mémère, et une flopée de chiens pour SDF : trois histoires canines (qui se recoupent) pour le prix d'une, et, en bonus, l'entourage humain qui va avec !
Dures, noires, souvent désespérées, ces chroniques urbaines n'auraient guère qu'un défaut : ne pas avoir été homologuées par l'Office de Tourisme de Mexico !
AV : Coyote girls
Pas sexy pour deux sous contrairement à ce que l'affiche pourrait laisser croire : non, ce n'est que le gentillet conte classique de la "JJTT" (jeune, jolie, talentueuse et timide) provinciale (Piper Perabo) qui monte à Paris (en l'occurrence, du New Jersey à New York !) pour réussir...
Convenu, aseptisé, mais plaisant et sympathique : on marche !
AV ? Du poil sous les roses
Va un peu dans tous les sens, et de préférence... la caricature !
Inégal.
AR : Gemini
Par le réalisateur du récent Bullet ballet, cette-fois-ci une alternance de tons froids et chauds - et non plus du N&B !
Suffisamment dépaysant et décoiffant pour que l'on pardonne quelques redites inutiles dans la deuxième moitié du film.
AR ? Radio sexo latino (Le blagueur sentimental)
On peut regarder parce que suffisamment déroutant, à commencer par l'abus du fish eye ou les retouches de maquillage "infographiques" des visages des protagonistes de ces trois histoires "authentiques" - car "entendues à la radio"... chilienne !
Du bon et du moins... travaillé !
Roméo doit mourir (Romeo must die)
... and let's him rest in peace !
AR : Le secret
Bien fichu, au moins pendant la première moitié du film - ah, retrouver l'attraction fatale de Tony "Candyman" Todd !
Puis finit par lasser, faute d'inspiration pour ce qui serait de la suite des événements : certes, la messe est dite, mais comment finir le film ?
AV : Spinal Tap
Bizarrement inédit depuis 1984, un vrai-faux reportage parodique sur un vrai-faux groupe de rock qui aurait pu être les Beatles...
Too much !
AE : Un automne à New York (Autumn in New York)
La bande-annonce - même en vo ! - fait craindre le pire, et les critiques semblent le confirmer :
on se dispensera donc de cette niaiserie attendue...
AV : The yards
Tiens, de la psychologie dans un film hollywoodien ?
Cela faisait un bail : alors ne faisons pas la fine bouche, et, même si on note quelques lourdeurs au deux tiers du parcours pour ce qui est des "liens" familiaux, ces petits arrangements privés pour marchés publics tiennent les rails - euh, la route !
AV : L'ange des maudits (Rancho Notorious)
Un western, bon, mais un Fritz Lang, et avec Marlène Dietrich, qui ne pouvait qu'ensorceler Mel Ferrer et (presque) Arthur Kennedy - s'il n'y avait eu cette broche...
Un conte cruel sur les rencontres qu'il aurait fallu faire dix ans plus tôt !
AV ! Tempête à Washington (Advise and Consent)
Tractations et manipulations chez l'Oncle Sam à l'occasion de la nomination par le Président d'un nouveau secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, qui doit - dans cette bizarre démocratie - être entérinée par le Sénat (qui crée, pour l'occasion, une commission d'enquête à la McCarthy)...
Certes, l'homophobie et l'anticommunisme primaires de l'époque (1962) peuvent aujourd'hui prêter à sourire : les mentalités - même celles des crevettes roses - ont, depuis, évolué, does they ?
Mais quid de la démocratie, dans les coulisses de la politique ?
semaine du 25 au 31 octobre 2000 :
AV : Bread and roses
Certes, encore un Ken Loach post Raining stones : a priori, un cocktail de militantisme et de bons sentiments avec joli minois à la clé...
Mais heureusement l'interprétation est au rendez-vous, et puis il faut bien parler de la "privatisation " des droits sociaux - à l'échelle des buildings ! - dans le pays le plus riche du monde où 40 millions de personnes (15 %) n'ont pas de sécurité sociale !
AV : Deuxième vie
... ou Retour vers le futur, ou... Suçons volés ?
Un french Me myself I qui ne manque pas d'air (bag), sur fond de Coupe(s) du monde...
AE ! Entropy
An Alan Smithee film, en quelque sorte : le film le plus nul depuis au moins six mois !
Un jeune réalisateur - on n'y croit pas un instant ! - fade, mal rasé et portant d'horribles lunettes issues tout droit des années cinquante doit réaliser un nanar - on se demande bien pourquoi, mais on va vite s'apercevoir qu'hélas, la réalité dépasse l(')a(fl)fiction...
Il tombe amoureux - et c'est réciproque, mais difficilement crédible : il est fade, etc. - d'un mannequin : comme c'est original !
Elle l'appelle - ça le dérange - quand il tourne (si on peut appeler ça tourner !), avorte : il ne veut pas - tout de suite - d'enfant...
Ils se quittent, il boit, fume, se marie avec une fille rencontrée dans une soirée, finit le film malgré une coupe de $ 1,000,000 et de 10 jours de tournage, revoit son mannequin à Paris, mais elle est retournée chez son photographe : end of the story - qui aura pourtant été réécrite en cours de tournage !
Des dialogues du même tonneau que ceux d'Hélène et les garçons, voire pire : pauvre, pauvre Judith !
Bref, si dans un clip on peut plus ou moins se passer
- de scénario, en utilisant au maximum l'image (angles de vue exotiques, alternance d'images saccadées et de ralentis)
- et de dialogues (on a les paroles des chansons, de préférence en anglais et sans sous-titres - ça limite les risque de s'apercevoir de leur pauvreté !)
ce n'est hélas - heureusement ! - pas le cas d'un long métrage...
AV ? Gangsters, sex & Karaoke (Love, honour & obey)
Drôle au début, puis, faute d'inspiration, lorgne du côté de Pulp fiction - qui était déjà "vvv" : vain, vide et violent...
Dommage, encore raté... peut-être faudra-t-il la prochaine fois que la bande copains pense à écrire un scénario ?
AR ! Men with guns (Hombres armados)
Un docteur mexicain, récemment veuf, profite de ses vacances pour essayer de revoir les étudiants qu'il avait jadis formés pour soigner les Indiens, là-bas, dans les montagnes...
Un voyage qui deviendra peu à peu une quête, qui prendra tout son sens dans les cinq dernières minutes : chapeau Mr Sayles !
AV ! Merci pour le chocolat
Abouti.
Mise en scène, interprétation, cadrage, musique, casting : la totale !
Et mention spéciale aux petits jeunes, Anna Mouglalis et Rodolphe Pauly, chacun - selon son personnage - dans un registre différent : une gageure !
AV : Moi, dieu impitoyable (Jà truchlivy buh)
En noir et blanc, tchèque, de 1969, mais d'une liberté de ton et d'un bagout d'avant le printemps de Prague...
... et, espérons-le, revenu d'actualité après la Révolution de velours !
Le petit vampire (The little vampire)
La route d'Eldorado (The road to El Dorado)
AR : Saving Grace
Grace (Brenda Blethyn), c'est une veuve qui découvre vite que son mari ne lui a rien laissé... que des dettes !
Heureusement, elle a la main verte, et, avec son jardinier (Craig Ferguson, qui a co-produit le film) - et malgré les réticences de la future mère de ses enfants (Valerie Edmond) - ils s'adonneront à la culture intensive en serre d'une nouvelle - mais très goûteuse et rémunératrice ! - variété de thé...
Très plaisant.
AV ? Scary movie
Un pastiche qui croit pouvoir se passer de scénario original (peut-être les droits ont-ils été dûment achetés, sinon cela va faire mal !), pourquoi pas ?
Encore que l'on peut finir par se lasser de tous ces scary movies si semblables dans le thème comme dans la parodie !
AR : Conversation secrète (The conversation)
Avant le bruit et la fureur d'Apocalypse now, il y a eu les murmures et les micros... du Watergate ?
Certes, les magnétos de l'ère pré-numérique feront peut-être sourire, mais même aujourd'hui ils restent on ne peut plus nécessaires pour que, à l'instar du spécialiste es prise de sons interprété par Gene Hackman, l'on tende en permanence l'oreille afin de ne goûter pleinement ce polar psycho-parano-intimiste...
semaine du 18 au 24 octobre 2000 :
Les aventure de Tigrou et de Winnie l'ourson (The tigger movie)
Bonne journée, Monsieur M.
AV ? The cell
De très belles images (oniriques) de synthèse, hélas pas vraiment reliées les unes aux autres - ou alors schizophréniquement !
Quant au choix du sujet (un serial killer) on émet de franches réserves...
Coucou l'ourson !
AV ? Dancer in the
dark
Comme de coutume, le bougé systématique (et exagéré !) de la caméra DV "spécial
dogme" est
particulièrement (et inutilement !) fatigant, mais heureusement cela se calme lors des
séquences musicales -
impératifs techniques obligent !
Si la scène de meurtre illustre une fois de plus la fascination perverse, infantile et malsaine de
Lars von Trier pour
ses démons intérieurs, puisse la scène finale aider à la suppression de ce barbarisme indigne
des démocraties encore
en vigueur outre-Atlantique...
AR ? Divine (L'Évangile des
Merveilles)
Aurait pu être énorme, mais le soufflé est raté - faute de souffle ?
Dommage, il y avait pourtant de la matière pour réussir un Divine corrosif comme un
John Waters...
Les fans de Ripstein se consoleront avec son film précédent (quoique
postérieur), certes plus intimiste, mais aussi plus réussi...
AV : L'Élue (Bless the child)
... ou l'anti-antéchrist - il fallait bien rétablir l'équilibre (avec Stigmata) face à la
pléthore des Possessed et autre fin des
temps!
Féminin en diable, suffisamment original pour tirer son épingle du jeu, et non dénué de
quelques moments
forts...
AV : Les filles ne savent pas nager
... ou du moins les jeunes filles ne savent pas encore très bien nager dans les eaux troubles de
la vie !
Avec, entre autres, dans le rôle des filles, Isild Le
Besco et Karen
Alyx, et, pour les mères,
Pascale Bussières et Marie "Rayon
vert"
Rivière...
AR ? Final cut
Intéressant au début, puis finit (vite) par lasser quand il s'avère qu'il ne s'agit que d'une
mauvaise télé-vérité, triviale
et prévisible...
Dommage, et, pire : risque de ne pas donner envie d'aller voir le prochain
film de la même équipe !
Le petit manchot
AR : Le protégé de Madame Quing (Nan Nan Nü Nü)
Tranches de vies à Pékin, ou... quand l'individu s'éveillera !
Bien sûr, vu le sujet (l'homosexualité, une radio et une revue libres) il s'agit d'un film indépendant, c'est-à-dire qu'il n'a reçu aucun financement de la part de l'État chinois, et qu'il a dû être tourné clandestinement ; mais cela n'enlève rien à ses qualités, et des cadrages larges, fixes, sans zoom, permettent de se concentrer sur l'essentiel... et aussi, cela repose !
AR ! La racine du cœur (A raiz do coração)
Beau, baroque et envoûtant.
Divin - mais réussi !
AV ! Road trip
Un trip hilarant, très bien fichu, avec juste ce qu'il faut de mauvais goût pour le... relever !
Pour ados de tout âge !
AV ? Titan A.E.
De temps en temps, des images de synthèse qui valent le détour, mais sinon un scénario plus que classique dans le genre jeu vidéo manichéen, qui déteint (!) même jusque dans le choix des couleurs : chaudes/froides pour bons/méchants !
Quant à la musique, on l'aurait aimée plus omniprésente...
AV ! Quai des orfèvres
Profiter de la réédition en version restaurée de ce goûteux embrouillamini dénoué par l'inspecteur Javert - euh, Jouvet ! - himself, plein de bons mots - dans les dialogues comme dans les chansons !
Un petit bijou...
semaine du 11 au 17 octobre 2000 :
AV ? Au nom d'Anna (Keeping the faith)
... ou la confusion des sentiments ?
Un scénario qui ne sait pas trop où il va, du bon et du moins bon...
Quant au casting, si cela fait bizarre d'entendre Dharma en v.o., le choix de Ben Stiller l'est encore plus !
AR : Chansons du 2è étage (Songs from the second floor)
À regarder, sans aucun doute, mais à condition d'être particulièrement attentif (surtout aux arrière-plans !), et ne pas perdre le fil du... récit ?
Une satire féroce d'une société pas si irréelle que ça, qui manque parfois un peu de rythme mais pas d'un certain humour - noir, gêne un peu quant à la post-synchronisation des dialogues (on aurait préféré du direct, mais la sophistication des plans devait rendre le placement des micros insoluble - enfin, la bande musicale compense !) et beaucoup quant à l'image qu'elle nous renvoie !
AR : Les coupeurs de bois (Nhung Nguoi Tho Xe)
... c'est ce que, par esprit d'aventure, appât du gain et/ou histoire de couper les ponts après l'incendie de sa "paillote" spécialisée en... hot dogs, on peut être amené à devenir !
Un film vietnamien au charme un peu rétro, en tout cas différent des films distribués par ici...
AV : Jeux de rôles (Nadie cococe a nadie)
En dessous de Tesis, auquel il emprunte un peu de suspens et de paranoïa, et d'Ouvre les yeux pour les quelques allers et retours entre rêve et réalité...
Mais plaisant quand même, malgré quelques complications inutiles ici, une faiblesse dans le scénario là...
AV : Maybe baby (ou comment les Anglais se reproduisent)
Mieux que la bande-annonce et les critiques (qui devaient être basées dessus !) ne le laissaient supposer...
On ne saura finalement pas comment "ils" y arrivent, mais gageons que les Français ont une petite idée sur le sujet !
AV ! Memento
Ou comment s'exercer à remonter le temps, à comprendre une histoire en commençant par la fin, à la manière de Le vent en emporte autant, quitte à remettre plusieurs fois - comme Un jour sans fin - le couvert !
Confirme la maîtrise et le goût pour la complexité du réalisateur de Following...
AV : Le monde à l'envers
... ou un Retour de Martin Guerre de même ?
Car il s'agit d'un départ, et non d'un retour : celui de la (non)mariée... et non du mari, tombé dans un puits !
En tout cas, cela voyage, à pied (increvable Denis Lavant !) mais surtout en bateau (marine et... travestie Laurence Côte !) et en... dessins animés !
Un film d'époque mais sans esbroufe - c'est rare ! - une réussite, jusqu'à la photo - ça l'est aussi !
De la belle œuvre.
AR ? Mr. Death
Mr. Death, c'est Fred Leuchter, un américain devenu peu à peu (par la pratique !) spécialiste des divers moyens "humanitaires" - au sens américain du terme ! - de donner la mort de façon "légale" - encore au sens américain du terme !
Chaise électrique, bien sûr, mais aussi chambre à gaz (on en reparlera plus loin), injections létales (permettant de "diluer" les responsabilités), pendaison (un reste de colonisation ?)...
Puis, "renommée" aidant, c'est le témoignage dans un procès pour révisionnisme au Canada, en tant qu'"expert" es chambres à gaz, avec rocambolesque récolte d'échantillons à Auschwitz...
L'illustration d'une trop ordinaire - et inquiétante ! - déshumanisation (pleins feux sur les détails, qui finissent par primer sur le but, en l'éclipsant) alliée à une hypocrisie très anglo-saxonne (do not hurt the guy, just kill him !)...
Du nazisme made in America, quoi !
AR ! Su Zhou river
Digne d'un vrai-faux Dogme, cette aisance de la caméra dans un Shanghai souvent gris et humide !
Une intrigue somme toute assez simple, un thème classique itou, tous deux très bien servis par la mise en scène et l'interprétation...
AR : Le tableau noir (Takhté siah)
Rappelle Un temps pour l'ivresse des chevaux, mais peut-être plus... scolaire !
Par la réalisatrice de la pomme.
AV : Urban legend n°2 (Coup de grâce)
Un bon mélange du genre, qui lorgne du côté de Cut plutôt que de risquer un mauvais remake du précédent !
Un premier meurtre très gore, puis cela se calme un peu, on privilégie le suspens...
semaine du 4 au 10 octobre 2000 :
La carpe
AR : Ce que je sais d'elle... d'un simple regard (Things you can tell just by looking at her)
Il faudrait plutôt dire d'elles, car elles sont plusieurs femmes !
Tout le charme aigre-doux des "nouvelles", dont la concision laisse sur sa faim tandis que l'on embraye sur la suivante, en déroulant un vague fil conducteur...
Des short cuts assez bien fichus... et interprétés !
AR : Esther Kahn
Un personnage étonnant : une sorte de trou noir qui regarde beaucoup, imite, dit ne pas penser, ne pas ressentir (encore !) et refuse de s'exprimer...
Une Hedda Gabler ?
Non : plutôt une Gloria Gaynor !
AV ! Galaxy quest
Une vraie/fausse parodie qui prend vite une savoureuse consistance dès lors que les effets spéciaux deviennent de plus en plus élaborés...
Une réussite !
AR : Lumumba
Une remarquable reconstitution de l'accession du Congo à son indépendance à travers le destin de son éphémère Premier Ministre, Patrice Lumumba, étonnamment incarné par Eriq Ebouaney - il n'y a pas que Denzel, dans la vie !
Il y a aussi Alex Descas, quand déjà sous Joseph perçait Mobutu !
AR ! Monsieur contre Madame
Lorsque Monsieur et Madame se séparent, se pose le problème de la garde des enfants...
Et dans certains cas hélas - l'ordonnance d'un juge ne saurant commander passions et sentiments - l'application du "droit de visite " doit s'effectuer en terrain neutre...
À des lieues du voyeurisme et de la mise en scène des reality show, ces modernes "opium du peuple" qui infestent - même sur les chaînes publiques ! - les second prime time, ce véritable et sincère témoignage de souffrances ordinaires et d'énergies perdues (qui peuvent sembler inconcevables mais qui sont pourtant bien réelles), bien que certainement "statistiquement non-représentatif" illustre de façon poignante ce que ce sacré Alfred avait si bien exprimé !
AV ? Tigre et dragon (Crouching tiger, hidden dragon)
On attendait mieux du réalisateur d'Ice storm, alors on a bien sûr été déçu...
Plus resserré et une intrigue un peu plus conséquente et le point d'interrogation serait devenu exclamatif !
AR : Tout va bien, on s'en va
Et quand ça va mal, on reste ?
Interprétation, cadre, lumière, son : impeccables...
Dommage que trop de clichés (et un trait quelquefois un peu trop appuyé !) viennent tempérer cet éloge...
AV : Une blonde en cavale (Beautiful Joe)
Tranquille, drôle et sentimental : on aime !
Pour toute la famille - même les monoparentales !
AR : Vengo
Flamenco, fêtes sur fond... de vengeance !
Une bande son réussie, la musique bien sûr, mais aussi les bruitages - préférer les salles
équipées DTS ! - et une
belle fin, quasi-culte...
semaine du 27 septembre au 3 octobre 2000 :
AR ? La captive
Bande-annonce intrigante, acteurs et réalisatrice confirmés : ça devrait rouler, a
priori...
Ouais...
Une expérience intéressante, mais qui malgré sa musique et une image particulièrement
léchée,
reste... une
expérience !
AV ! Danse ta vie (Center
stage)
Surtout, ne pas tenir compte de la traduction gnangnan du titre original : zéro pour le
marketing...
Danse, amour et chorégraphie - et un final époustouflant : on aime !
AR ? Hathi
De belles images - heureusement, car le récit en lui-même est plutôt fade...
Aurait gagné à choisir entre documentaire et fiction ; mais la reconstitution, non
!
AV : La noce
Tout est dit dans le titre - vodka incluse, bien sûr !
Une version moderne - et cinématographique - de L'idiot ?
AR : Le petit homme
Ah, la magie des enfants iraniens !
D'accord, c'est plein de bons sentiments, c'est presque trop beau pour être vrai, mais il faut
faire avec la censure et
la propagande !
NB : au cinéma Quartier Latin, pour une quinzaine de jours, le 12è festival
du
cinéma iranien à Paris.
AV : Les
rivières
pourpres
Deux flics individualistes, chacun sur une enquête, qui vont se rejoindre au milieu du film et
dénouer ensemble cette
sombre affaire de race des seigneurs...
De gros moyens (des décors à couper le souffle), et un suspens qui ne se dément pas un
instant
: c'est bien parti
pour
conquérir Hollywood !
Certes, le fond est discutable - les auteurs de thrillers sont souvent limités question nuances,
pour ne pas dire
excessifs - mais à cheval donné...
AR ? Virgin suicides
Si je vous dis que la bande-annonce était bonne, vous voyez ce qu'il a pu advenir du
film...
Enfin... Oublions donc la bande-annonce et la chanson (qui a disparu dans le film !), et
voyons
ce que cela donne
sans a priori...
La première demi-heure, une impression d'étrangeté, tant ce qui se passe - ou ne se passe pas -
à l'écran semble
appartenir à un autre monde, à une sorte de quatrième dimension - et ce n'est pas dû (qu')à la
forme du récit,
l'évocation des souvenirs des garçons à l'époque est peu convaincante : s'agit-il d'une satire
?
Puis on essaie d'entrer dans le jeu, on s'ennuie de manière diffuse, on s'étonne de la salle
pleine
et, finalement, on
restera sur sa faim : a-t-on manqué quelque chose, ou la réalisatrice a-t-elle manqué son
adaptation ?
AE : Woman on top (Amour, piments et bossa
nova)
Les vingt premières minutes, on attend que l'intrigue se place, puis qu'elle démarre...
mollement ?
Même - surtout ! - fan de Penelope Cruz, on trouve la recette bien insipide, et tous les
piments
et la bossa nova du
Brésil n'y changeront rien !
semaine du 20 au 26 septembre 2000 :
AR ! Dans la maison de mon père
Là-bas, pas si loin d'ici, dans un pays barbare...
Oppression au quotidien, victimes engluées dans l'amour du père et la haine du bourreau - qui
ont le même
visage...
Et peu d'espoir que cela change, si l'on en juge par le visage de la mariée - pourtant née et
élevée en Hollande - le
lendemain de sa nuit de noces...
En parler, alors, montrer, encore et encore, témoigner...
L'enfer du devoir (Rules of engagement)
AR ? Le glandeur
Pas besoin d'être le mari de Madame le Ministre, pour l'être - mais ça peut aider...
Quoique... Quand Madame veut vous trouver un travail - mais pas fictif ! - cela tourne à la
sinécure !
AV : L'homme sans ombre (Hollow man)
Un peu décevant, on attendait quand même un scénario un peu plus élaboré, mais bon, c'est
Hollywood !
Plus pour les fans d'Elisabeth Shue que de Kevin Bacon
!
AR ? Jesus' son
Un début prometteur, mais s'embourbe vite et ne devra son salut (!) aux yeux du spectateur
encore attentif que
grâce
à quelques moments fragiles sur la fin...
Dommage !
AR : On the run
... ou comment se débarrasser (?) d'un ami d'enfance qui vient de sortir (!) de prison et
bouscule votre petite vie
pépère... et terne !
Portugais, mais tourné en anglais et... à New York !
AE : La vierge des tueurs
Tourné en DV, techniquement parfait...
Quant au fond, un pédéraste nihiliste qui fait rimer amour avec interchangeabilité,
misanthropie avec haine viscérale
des femmes et cynisme avec athéisme au doux pays de Medellin...
Je sais que le cinéma manque de scénarios, mais fallait-il vraiment en faire un film
?
AV : Yi-yi (A one and a two)
... ou d'un mariage à un enterrement - mais il ne s'agit pas d'une copie !
Délicieux... et juste, que l'on est vite en phase pour deviner (et apprécier par avance !) les rebondissements de ces tranches de vie made in Taiwan !
semaine du 13 au 19 septembre 2000 :
AR ! L'affaire Marcorelle
Sans aucun doute cinéphilesque et cérébrale (ce n'est pas une critique !), cette affaire Marc Aurèle, entre rêve, réalité et... introspection nous est servie par un Jean-Pierre Léaud et une Irène Jacob décidément au firmament de leur art...
AR ?! Les antiquités de Rome et La vallée close
Pour ce qui est de la vallée close, long (2h24) sans que cela soit nécessairement justifié, surtout en super 8 " gonflé" et plans fixes - enfin, on a le temps de penser au sens de la vie !
Quant aux antiquités de Rome, c'est pire, bien que moins long - 1h45 quand même !
Bref, s'il est bien que l'on puisse voir ce type de film, il y a quand même un minimum à respecter pour une sortie en salle - à commencer par la qualité de l'image...
AV : Apparences (What lies beneath)
Un peu long à démarrer, mais rétrospectivement ça se conçoit...
Une honnête série B (comme Bob) - voire Z, comme Zemeckis !
AV : La coupe d'or (The golden bowl)
Quand on est un prince pauvre, on doit épouser une riche héritière, et quand on est une jeune femme pauvre, un milliardaire, tant qu'à faire - fût-il américain !
(Le mot travail étant bien sûr, proscrit de la société de l'époque !)
Seulement, voilà, on s'aime entre pauvres - alors la coupe est vite pleine !
AE ! Endurance
Il en faudra beaucoup au spectateur pour ne pas s'endormir devant cette daube sirupeuse (qui
était il est vrai
annoncée dès le début - c'est un produit Walt Disney) à moins qu'il ne prenne les jambes à son
cou !
Il aurait mieux valu des interviews et des extraits de courses que cette pitoyable tentative de
reconstitution de l'enfance du champion dont la vocation s'est
révélée
en écoutant les J.O.
de Moscou en 1980...
Enfin, si l'on reste néanmoins éveillé (et dans la salle !) assez longtemps, on pourra cependant
assister à un moment
magique à une terrasse de café et, bien sûr, à la finale du 10 000 m des J.O. d'Atlanta
!
AR : Julien Donkey-boy (Dogme n°6)
On préfère ce Donkey-là au Gummo précédent...
Plus abouti, plus maîtrisé que le "Dogme" ne le permettrait - au scénario
comme au montage
!
AV : Kippour
Film plus grand public que ses précédents, un
honnête ligne rouge ou assimilé
israëlien...
Du savoir-faire, en tout cas !
On n'est pas des sauvages !
AV : Princesses
Très bien cadré, très bien joué (Emma de Caunes et Karole Rocher, l'une et l'autre étonnantes), intérêt soutenu, mieux que le précédent !
Pourtant, on avait un a priori négatif de par les mauvaises (injustifiées) critiques d'une certaine presse, et la présence de Jean-Hugues Anglade qui avait commis Killing Zoé...
Mais non, une très bonne surprise en définitive !
AR ! Trixie
Sacrée Emily Watson, quand même, en étonnante mâcheuse de chewing-gum et aux phrases toutes induites d'erreur !
Une sacrée composition de rêve pour un polar qui sort des sentiers rabâchés, déconcertera peut-être la masse des crevettes roses mais qui, au finish, tiendra les promesses... qu'il n'a pas promis !
AR : Un temps pour l'ivresse des chevaux (A time for drunken horses)
... en fait, des mulets !
Décidément, les films iraniens font part belle aux enfants - il est vrai que la population est jeune - et aux orphelins - de la guerre Iran-Irak à la poursuite du génocide du peuple Kurde...
Dépaysant et bouleversant.
semaine du 6 au 12 septembre 2000 :
AV : Aïe
Dialogues et situations délirants, interprétation étonnante...
Miam !
AR : Fast food, fast women
Petites gens, seuls malgré eux, à la recherche de l'âme sœur...
Humaniste avant tout, ne pêche que par une happy end achetée à coup de dollars !
AV ? High fidelity
Interprétation au-dessus de tout soupçon - 100 % hi-fi, quoi...
Reste l'intérêt de l'histoire, celle du type qui fait le bilan de ses différentes petites amies depuis... l'école primaire !
AR : Les initiés (Boiler room)
Bien fichu et bien joué...
On ne voit pas le temps passer - même qu'après deux heures, faute d'un krach bien senti, on
reste sur sa faim
!
AV : Pas de café, pas de télé, pas de
sexe
... mais des squatts, et à Genève qui plus est !
Pas de café (jusqu'à un certain point !), pas de télé (ou survoltée !), pas de sexe
(féminin)...
Et, au bout, un mariage... blanc !
Délicieux, comme le chocolat...
AR ? Retour à la vie
Sans aucun doute pour Emmanuelle Laborit, dans un rôle pour le moins éprouvant, et Alain
Bashung dont la
tranquille
sobriété inquiète...
Mais l'intrigue atteint vite ses limites et le déjà vu - dommage !
AR !
Sauve-moi
Vrai et juste, sans pathos ni artifices, et très bien servi par tous ses acteurs, Roschdy Zem et Rona Hartner, bien sûr, mais aussi par une Karole Rocher prometteuse, et, en vrac, Philippe Fretun, Olivier Gourmet, Jean-Roger Milo, Philippe Nahon....
Ne pas manquer !
AV : Space cowboys
Rien à dire (de mal !) ...
Si, peut-être, le premier quart d'heure dans l'espace qui fait truqué - mais ça s'arrange par la suite...
Supernova
U-571
semaine du 30 août au 5 septembre 2000 :
AR : Les autres filles
Même en cherchant à couper - plutôt deux fois qu'une ! - les cheveux en quatre, il semble a priori difficile de trouver un intérêt - autre que capillaire ! - à l'histoire (autobiographique ?) de cette
Mais ce serait sans compter avec Julie Leclercq, dont l'(omni)présence et le réel talent va nous faire oublier l'insipidité bovarienne du sujet et certains clichés comme l'"auto-coupe" de cheveux (changez vous, changez de coiffure) ou le dépucelage par un inconnu (ayant des références !) afin d'être "opérationnelle" avec/quand on aura rencontré celui qu'on aime...
Il faut dire que côté "parents-mariés-très-jeunes-cause-accident", il n'y a guère de soutien ni d'exemple à chercher !
AR : Chef !
Le Cameroun, un pays de chefs !
Où un voleur de poules peut être lapidé dans la rue ?
Où le droit des femmes - dès la naissance ! - est inexistant - que l'on le cherche dans la coutume ou, guère mieux, dans les écrits made in France (in Corsica ?) datant de 1804 ?
Où enfin les Droits de l'Homme ne sont pas ceux que l'on serait en droit d'attendre d'une démocratie, fut-elle... apaisée - par ses prisons ?
Assurément, un pays de (petits) chefs...
AV ! Le choix d'une vie
... et non le choix de Sophie, heureusement !
Mais quand on s'est mariée-très-jeune-cause-accident, on peut, comme Diane Lane, se demander quelle vie on aurait eue si l'on avait pu différer son choix - bref si l'on avait un peu vécu avant le mariage... et les enfants !
Alors, quand, en cette période "hippiesque" où l'on vient de marcher sur la lune, débarque un sexy marchand ambulant de chemisiers (de hauts !), pourquoi ne s'envoierait-on pas en l'air avec ?
AV ? La famille Foldingue (Nutty Professor II - The Klumps)
Assez lourd et vulgaire ; mais ceci posé, ne manque pas de charme et d'humour...
Et puis, foisonne de trouvailles et de clins d'œil qu'on en oublierait presque les effets spéciaux qu'il a fallu mettre en œuvre... à moins que la CIA n'utilise déjà le clonage humain ?
AR ? La jouissance des hystériques
Après deux premiers opus qui se préoccupaient de la Vie sexuelle des Belges (tout d'abord conformiste puis, l'appétit aidant, plus... débridée), la recherche du bonheur de Jan Bucquoy s'est élargie aux autres à travers un documentaire plus politique.
Ici, on pourrait voir dans cette jouissance des hystériques une tentative de conciliation du plaisir personnel avec celui des autres - en reconnaissant toutefois que l'amour "c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un(e) qui n'en veut pas !" - mais il aurait fallu débroussailler un peu plus (l'improvisation a ses limites) et/ou plus de moyens (le VHS a ses charmes, mais bon !)...
Enfin, après un premier quart d'heure plutôt malsain, on suit les préparatifs de ce coup d'État (permanent) prévu pour le 21 mai 2005 avec un intérêt grandissant, en espérant que le prochain épisode sera plus élaboré !
AR ? Morceaux choisis (Picking up the pieces)
Il y a quelque chose que l'on a dû rater dans ce film, mais je serai incapable de vous dire quoi...
Voyons : si les morceaux sont au complet, alors ce doit être la sauce, le liant : car on garde une impression de décousu, on ne sait pas où l'on va - et d'ailleurs on n'arrivera nulle part !
AV ! Nurse Betty
Vu le sujet, aurait pu être aussi - voire plus - mauvais qu'un soap : mais non, au contraire !
Bien fichu côté scénario, quant au charme : Renée Zellweger, etc.
AE : O'Brother (O'Brother, where art thou ?)
Franchement, je ne vois pas l'intérêt de ce film ; et si certains ont parlé d'O'dyssée - cela ne m'avait en rien effleuré : Homère, tu peux dormir tranquille !
Non, moi j'y avais plutôt vu une image assez déplaisante de la femme (les sirènes), et une puante complaisance pour le K.K.K. (la danse avec les loups) : pensez au coût des costumes, au nombre de figurants, et au temps passé pour répéter cette danse à la IIIè Reich - la caricature n'explique (ou ne justifie) pas tout !
AR ! Quand tu me reviendras (Cuando vuelvas a mi lado)
Trois sœurs... espagnoles qui se retrouvent à la mort de leur mère, leur père étant parti à Cuba lorsque la plus jeune était encore bébé...
Trois caractères et souvenirs d'enfance différents donc, qui vont peu à peu, retours en arrière aidant, nous tracer un Portrait de... famille avec filles réussi qu'il serait bon, en sortant, de se procurer sur papier... et caractères !
AR : L'étrangleur de Boston (The Boston strangler)
Passe du général, du superficiel - où l'idée que se fait la société américaine de la "normalité " prêterait à sourire si elle avait un peu plus évolué depuis 1968 - au particulier avec l'impressionnante composition de Tony Curtis qui - dans ce qui reste un des meilleurs films de Richard Fleischer - donne une profondeur à son personnage, hélas remplacée depuis longtemps dans nombre de productions américaines par une surenchère navrante en divers " jouets " faiseurs d'anges...
Abuse cependant - mode de l'époque ? - des multi-écrans à la Thomas Crown - celle avec Steve !
AR : Macadam cowboy (Midnight cowboy)
Date un peu, pas tant par la mode de l'époque (1969) que par sa liberté de ton impensable dans l'Hollywood "totally" correct d'aujourd'hui !
Un Jon Voight (qui a beaucoup changé !) en jeune hustler texan, et une vieille chanson (Everybody's talkin') par Harry "Without you" Nilsson en ouverture : nostalgie, quand tu nous prends...
semaine du 23 au 29 août 2000 :
AV : 60 secondes chrono (Gone in 60 seconds)
Faux : 50 voitures en 72 h, cela fait... 1 h 26 min 24 s par voiture !
Mais bon, ce genre de film ne s'adresse pas à des pointures du calcul mental...
AR : Fallen angels paradise (Le paradis des anges déchus - Gannat al shayateen)
Une ballade pour un macchabée étonnante, entre surréalisme et conte moral, qui rappelle qu'un vivant vaut mieux qu'un mort - eût-il bien vécu !
Et un casting particulièrement réussi, ce qui ne gâche rien...
AV ! Fausses rumeurs (Gossip)
... beaucoup de bruit pour rien ?
En tout cas, très adapté à la société anglo-saxonne, où l'apparence et les rumeurs priment sur ce que vous êtes et faites...
Bien fichu et retors à souhait !
AR : In extremis
Existe-t-il une vie après Hélène et les garçons ?
Oui, sans conteste pour notre cri-cri d'amour (le retour ?) national, même s'il a dû pour cela - plus ou moins - virer sa cuti !
Un peu longuet cependant, dès lors qu'il s'avère que l'histoire en elle-même n'est pas le souci premier du réalisateur (dès la disparition de Christine Boisson diront les mauvaises langues, lors des vacances à Ibiza diront les autres) - mais le reste (jeu, image & son) tient la route...
AR : The last september
Réalisé par Deborah Warner - je m'attendais inconsciemment à voir apparaître Fiona Shaw au générique (bingo !) - avec aussi Maggie Smith, Jane Birkin, Lambert Wilson...
... mais surtout Keeley Hawes, à découvrir dans le rôle (principal) de Loïs !
Des dominantes de couleurs pas toujours bienvenues (hors prises de vue "vitraux" !) et - étonnamment - un enchaînement des scènes maladroit - mais theater is not... théâtre !
AR ? Micheline
Précisons qu'il s'agit de la rame, pas du prénom !
Documentaire, donc, moins sur les trains que sur les voyageurs, enfin plutôt sur les quelques mots ou les regards échangés à son voisin de voyage que sans doute on ne reverra jamais...
Pour tous ceux qui ont gardé quelque chose de la SNCF de leur enfance, et qui aiment aussi regarder...
AR ! On fait un beau sourire (Fate un bel sorriso)
Une belle idée - que je ne vous dévoilerai pas - mais qui, à la sortie du spectateur, justifie
pleinement le titre !
Dans la ligne du très réussi Compagne de
voyage, ou les générations
qui se
redécouvrent - toutes couleurs confondues !
AR : Le roi des roses (Der Rosenkonig)
Onirique, esthétique, symbolique, sadique... peut-être un peu aride, difficile d'accès mais,
comme l'Art,
nécessaire...
... et merde au cancers de 1984 et aux windows de l'an 2000 !
AV : Sade
Attention : il ne s'agit ni d'une mise en image de la vie de l'illustre marquis, ni de celle de ses
écrits, mais de celle d'un
écrit plus contemporain qui imagine ce qui aurait pu se produire lors du court séjour de Sade
à
Picpus...
Cela permet d'éviter beaucoup d'écueils, et du coup est plutôt réussi, grâce à ses deux
interprètes principaux, Isild
Le
Besco et Daniel... Auteuil !
AE ! La secte sans noms (Los sin nombre)
Le prototype même de l'idée originale gâchée par un imbécile, pas de ceux qui vivent à
Hollywood (et qui le sont
structurellement par inculture) - non : ici, il n'y a pas cette excuse-là...
Alors soit le roman dont s'inspire le film est à chier - c'est possible -, soit la faute en incombe
au réalisateur - c'est
probable :
il n'y a qu'à voir la lourdeur des dominantes sombres et froides et/ou
les airs pesants de tous les personnages qui appuient (!) inutilement sur l'intrigue qui
se révélera en outre
vite
inexistante !
Non, profitez-en plutôt pour revoir l'excellent Tesis
(La thèse), ou,
plus
récemment, Entre les jambes
!
AV ! Le sens des affaires
... serait-il français ? Non, cela se saurait - mais au cinéma, rien d'impossible !
Et d'abord, pourquoi pas de start-up à Hollywood ?
Reste à lever les fonds... mais ce ne sont, si l'on en croit des exemples (français) célèbres (le
Crédit Lyonnais, la
GMF, etc.)
que les 100 premiers millions qui coûtent - et encore, au french
contribuable !
AV : Splendeur (Splendor)
Une fille, deux garçons, trois possibilités... ou deux bébés ?
A des airs de déjà vu, très sweet (américain) - pour Kathleen Robertson ?
AV : Infidèlement vôtre (Unfaithfully yours)
... ou plutôt : What if...
Ah, jalousie quand tu nous tiens... et quand on est chef d'orchestre, ce n'est pas la musique (très présente !) qui risque d'adoucir les mœurs !
De 1948 (à découvrir, donc), avec Rex Harrison et Linda Darnell...
semaine du 16 au 22 août 2000 :
AV : 4th Floor (The)
Les démêlés d'une JF ayant hérité d'un appartement...
Efficace, malgré le thème maint fois exploité, et le plaisir de retrouver Juliette Lewis enfin
dans un vrai rôle,
mature...
AV ! Le célibataire (The Bachelor)
Vaut cent - non, mille fois sa bande-annonce !
Même si l'on chercha en vain de la personnalité (fût-elle animale !) dans le visage
particulièrement niais et peu
expressif du
célibataire (Chris O'Donnell), l'adorable moue de sa difficile - à
juste
titre ! - promise (Renée Zellweger) justifiera cent - non,
mille demandes !
AR : Fanny & Elvis
... bébés de l'an 2000 ?
Oui, mais avant, il s'agit pour leur mère (Kerry "Friends - le film !" Fox), menacée de "ménopause précoce" de leur trouver d'urgence un père, ou, à défaut, d'un "donneur" !
Pas facile quand votre mari vient de vous quitter pour une pouf', non d'un petit meurtre entre amis !
AR : Molly
Oui : ne pas manquer la performance d'Elisabeth Shue, qui démontre qu'il y a une vie après Melrose place, fût-elle une vie d'autiste !
Et un bon point pour Aaron Eckhart, qu'on connaissait surtout dans des rôles plus frustes...
Mon chien Skip
AR !La sagesse des crocodiles (The wisdom of crocodiles)
Remarquable : mais surtout ne rien raconter de ce film qui revisite de façon originale le thème des... mais chut !
Pour une fois, dans un rôle bavard, Elina Löwensohn, et une (trop) courte apparition de Kerry Fox...
AV : X-men
Il fallait le voir, même si forcément, lecteur assidu de comics, on savait qu'on serait déçu - mais pas trop !
C'est que l'on reste quand même sur sa faim, pas en ce qui concerne l'intrigue en elle-même mais plus quant à la description des caractères des (nombreux) personnages et de leurs passions - pourtant, avec près de quarante ans d'X-men il y avait de la matière !
Un X-men light, en somme - en attendant le n°2 ?
semaine du 9 au 15 août 2000 :
AR : Acid House
Un sacré trip - pardon , deux trips, la mouche et le bébé !
Décoiffant...
En pleine tempête (The perfect storm)
AE ! Furia
Dès le début - la voix off - on craint le pire...
... et on ne sera hélas pas déçu !
Pourtant, sur le papier (inspiré d'une nouvelle de Julio Cortazar), un prix du scénario, les acteurs : cela devait marcher...
Le gâchis est donc à chercher du côté de la réalisation : on aura 90 minutes - c'est plus qu'il n'en faut ! - pour cela, heureusement que la musique de Brian "Queen" May viendra tempérer ce supplice...
AV : Happy, Texas
Bien profilé...
Une petite perle (à enfiler ?) faussement gay mais vraiment gaie !
AR : Harry, un ami qui vous veut du bien
Et un début qui ne donne pas envie d'avoir des enfants !
Une èniéme (et réussie !) variation d'un thème classique et souvent caricaturé ; peut-être un peu long (ou plutôt lent), mais le suspens maintient l'intérêt...
AR ! Joseph Lees
Rêvant à, rêvant de - les deux formes sont correctes !
Mais vivre avec, c'est encore mieux...
AR ! Libero Burro
Bidoche, amour et kidnapping...
De et avec Sergio "Alberto express" Castellito, qui campe ici Libero Burro, un peu mafioso, géomètre, homme d'affaires et... beaucoup célibataire - jusqu'à sa rencontre avec une prof (Margaret Mazzantini) un peu mariée mais... si pleine de chien !
AE ! Le phare de l'angoisse
Le coup classique du huis clos - ici sur un phare isolé en pleine mer - avec le tueur fou qui éliminera un par un chaque protagoniste de cette série B qui, bien sûr, aura le malheur de s'écarter du groupe - sans que l'on se soit donné la peine de lui trouver une raison qui tienne la route...
Bref, aucun intérêt : on est (très) loin des dix petits nègres !
AR : Le piège (Il faut tuer Sekal)
Remarquable...
Pose, en vrac, le problème de l'inné et de l'acquis, du sang et du milieu, de la lâcheté et de l'action, du sens de la confession, etc.
AV : Shanghaï Kid (Shanghai Noon)
Un très bon moment, pour petits et grands...
semaine du 2 au 8 août 2000 :
Big mamma (Big Momma's House)
La bande-annonce n'incite pas vraiment à subir une resucée du déjà mièvre Professeur Foldingue...
AR : Cecil B. Demented
Une bonne surprise en regard de son dernier...
Peut cependant mieux faire (il l'a prouvé !) - enfin, un peu d'acide sur Hollywood, ça ne se refuse pas !
AR ? Circus
Se moque et use à la fois du polar à rebondissements, mais on n'est pas sûr que cela soit toujours voulu !
Enfin, pour John Hannah et Famke Janssen !
AV : Fréquence interdite (Frequency)
Bien fichu, malgré les invraisemblances de l'histoire qui joue à fond les paradoxes temporels !
En tout cas, une méthode originale pour résoudre certaines Affaires classées...
AR ? Love will tear us apart
Se laisse regarder, mais un peu surestimé par la critique...
Aurait gagné à être plus resserré, et éventuellement nanti d'une fin !
AR ! Siam sunset
Là, on apprécie le jeu du hasard !
Et le jeu des couleurs de cet original road movie dans une Australie que vous n'avez jamais vu ainsi - je vous le souhaite !
AR ! Simon le mage
Bizarre et prenant, magique et plein de charme...
... comme les yeux de Julie Delarme !
AV ? Superstar
... ou la revanche du vilain petit canard !
Porté et assumé par Molly Shannon : chapeau bas, malgré la VF...
semaine du 26 juillet au 1er août 2000
:
2 è quinzaine de juillet
Il eût mieux fallu changer de titre, cette période estivale, etc. n'étant pas idéale pour assurer
plus d'une semaine d'exploitation - merci Gaumont !
AR : Bloody angels (1732 hotten)
Un polar psychologique qui rappelle assez Insomnia - Norvège
oblige
?
Une bourgade frustre, des préjugés, et ce qui en découle de pire : viols et justice sommaire -
ni
anges, ni couronnes
!
AV : De quelle planète viens-tu ? (What planet are you from
?)
Ouf ! Malgré des conditions déplorables (VF, mauvais cadrages qui font le charme de
(certain)s cinés de banlieue), a
quand
même valu le déplacement...
...d' autant, qu'il y a du beau monde : Annette "Ms. Wade"Bening, Ben Kingsley, John
Goodman et peu mais
suffisamment... Linda Fiorentino !
AR : El mar
Assez pasolinien...
Le sang, le vol, la trahison sur fond de maladie (la tuberculose), de religion (l'infirmière),
d'images de la mère (la
femme du
directeur du sanatorium - Angela Molina) et du père violeur (le Don)
et d'homosexualité...
AV ? Love & sex
Pour Famke Janssen, parce que Jon Favreau, avec son air de chien battu...
Sinon, aucun intérêt.
AE : Mission impossible n°2 (M:i-2)
Produit par un adepte de la scientologie.
AV : Pièces d'identités
Les démêlés d'un vieux roi congolais qui revient en Belgique à la recherche de sa fille qui
poursuit ses études...
Assez bien emballé, et des acteurs... emballants !
AV : Possessed (Besat)
Ça commence par une sombre affaire de virus qui pourrait s'avérer d'origine... terroriste, puis
on finit par découvrir
l'exacte
signification du titre...
Une ambiance très L'hôpital et ses fantômes, un scénario dans la ligne de Stigmata et de La fin
des
temps...
... et une réussite !
AR : Stand-by
... ce qui signifie en transit, en attente d'une correspondance.
Mais, en l'occurrence, il s'agit bien pour le spectateur d'un (délicieux) stand by de
2h05
avec Dominique
Blanc dans
un film (qui pourrait être celui d'une femme - c'est un compliment !) fragile,
toujours à la limite de la rupture, mais magistralement dirigé par Roch Stephanik !
Le général Della Rovere (Il generale Della Rovere)
Erreur de programmation, sans doute : une réédition (1959) limitée à la dernière semaine de
juillet !
Du gâchis...
semaine du 19 au 25 juillet 2000 :
AV : 10 bonnes raisons de te larguer (10 things I hate about
you)
... ou plutôt, selon le titre original, 10 choses que je n'aime pas chez toi - mais que si tu
corrigeais...
100 % ados américains, mais plaisant : au moins deux bonnes raisons d'aller le voir : la
maturité de Julia Stiles et le minois de Larisa Oleynik
!
AV : Les aiguilleurs (Pushing
tin)
Sur fond de stress - de par son métier éprouvant (aiguilleur du ciel) -, les turpitudes d'un de
ces héros d'intérieur
(John
Cusak) mariée à une jolie femme (Cate
Blanchett)
quand débarquent un
"outsider " façon western (Billy Bob Thornton) et son épouse un peu trop sexy (Angelina
Jolie)...
Décoiffant !
Amazone
AR : L'attrape-rêves
On n'accrochera pas forcément mais on ne sera pas déçu de s'être laisser attrapé...
En tout ca, réalisateur et héroïne à suivre...
AV : Le coupable (The guilty)
Un polar qui utilise toutes les ficelles de l'hypocrisie de la justice... et de la société américaine
!
Impecc(oup)able Bill Pulmann, toujours profumesque Johanne Whalley, trop rare et
malheureuse Gabrielle
Anwar,
fraîche et malchanceuse Angela Featherstone et... innocent Devon Sawa enfin
arrivé à destination ?
Dangereuse séduction (Whatever it takes)
Hélas une sortie confidentielle, en VF, la deuzième quinzaine de juillet : difficile de dépasser
la
semaine
d'exploitation...
AR : Franck Spadone
Un polar français honnête, qui doit beaucoup à ses interprètes : Stanislas Merhar, Carlo
Brandt...
... qui auront eu moins de chance par ailleurs !
AV : Les héros (De Storste Helte)
Un Thelma et Louise masculin et danois, premier film de l'auteur de Festen...
Un road movie a priori casse-gueule, mais assez bien réussi...et fini !
Komodo
AR : Mars à table ! (Top of the food chain)
Kitsch en diable !
Canadien, avec un Campbell Scott plutôt... narcissique et une Fiona Loewi... dont on aimerait
bien être le petit frère
!
AV ? Ordinary decent
criminal
Aïe ! Au début, on se dit j'ai déjà vu ça quelque
part...
Après, c'est selon votre humeur : soit on dit OK pour ce show Spacey, soit on hurle de voir
Linda Fiorentino reléguée en concubine partageant
avec
sa sœur (!) les
faveurs de
ce Thomas Crown
irlandais !
AV : Pitch black
Un thriller SF efficace comme l'adaptation de Planète hurlante de Philip K. Dick...
Sombre et lumineux - dans le désordre !
AR : Sans plomb
...sauf le soleil, qui semble peser même sur le temps, dont les grains ont du mal à
s'écouler...
L'endroit rêvé pour cacher un trésor, où rien ne semble devoir changer, mais...
Un jour ou l'autre, il faudra bien laisser sa liste des choses faites et à faire, et vivre, enfin
!
AV : Tôt ou tard
Bien que sacrifiant à l'horripilante mode (?) du hasard et de la prédestination, reste assez plaisant...
... même si l'on aurait préféré que "la" rencontre eût lieu plus tôt que tard !
AV : Un de trop (Three to tango)
Un film ? Car cela fait beaucoup d'acteurs de sitcoms, de Friends, bien sûr, à La
vie
à cinq en passant
par
Avocats & associés...
Non, on passe quand même un bon moment avec ce qui confirme être le sujet à la mode chez
nos amis mous du
bulbe (que
du bulbe ?) question sexualité (que question sexualité ?)
d'outre-Atlantique : le copain gay, qu'il
le
soit ou
pas, qu'il se fasse passer
pour
volontairement ou pas, voire pire - qu'il vire sa cuti (et
bientôt dans Will &
Grace
?) !
Une histoire de faux-culs, en somme...
AV : La red (Le filet)
Pour les images - pas vraiment pour les dialogues ni le scénario !
D'accord, mexicain, de 1953 ; mais nanar, quand même...
semaine du 12 au 18 juillet 2000 :
AR ? Banqueroute
Prometteur au début, mais finalement ce road movie ne tient pas la route - heu, la
distance !
Dommage...
Le cœur à l'ouvrage
N'est hélas resté que deux semaines à l'affiche - c'est dur, en plein festival d'Avignon !
Enfin, on se rattrapera la semaine prochaine en ce qui
concerne
Amira Casar, et le 15
août en
ce qui concerne Mathilde Seigner - mais
c'est
rageant !
AR : Confort moderne
Au second degré, bien sûr !
Car malgré sa coiffure impeccable, cette femme qui travaille dans une banque (Nathalie
Richard), un mari, deux
enfants,
un pavillon est plutôt... "inconfortable" !
AV : Destination finale (Final
destination)
Certes, au début, si la fiction ne pouvait hélas prétendre dépasser la récente et atroce actualité,
il n'empêche que cela
vous
en fiche un sacré coup !
Et si la suite n'est pas un modèle du cartésianisme - il est vrai qu'on n'est pas encore rendu à
Paris ! - , le suspens ne
se
dément pas...
AV : Les destinées sentimentales
Globalement satisfaisant : on tient les 3 x 1 h !
Ce n'est certes pas le meilleur film d'Olivier Assayas (L'eau froide, Irma Vep...) - je ne suis pas fou des films en
"costumes" (ni des
romans
"d'époque" !) mais le résultat n'est pas déplaisant...
Droit au cœur (Return to me)
Hélas, trois fois hélas, n'est resté que deux semaines à l'affiche - c'est dur en plein festival
d'Avignon ! - et j'ai raté Minnie Driver - it
hurts me !
AR ? Exit
Hélas, des longueurs qui sans doute voudraient cacher un scénario, certes original, mais
insuffisamment
développé.
Dommage.
AR : Le harem de Mme Osmane
Attention, ne vous attendez pas à quoi que ce soit de scabreux que le titre aurait pu vous
suggérer !
Non, le propos est plus grave : il s'agit du glissement progressif (?) de l'Algérie dans la guerre
civile, en 1993 - déjà
un
septennat !- et, pour ces femmes algériennes, de la comédie (?) à la
tragédie...
Bien fichu, et très bien interprété.
In love (Down to you)
N'est hélas resté qu'une semaine à l'affiche - on se rattrapera - en ce qui concerne Julia Stiles -
la semaine prochaine !
The patriot (Le chemin de la liberté)
Par le réalisateur d'Independence day et le scénariste d'Il faut sauver le soldat
Ryan : on échappera
aussi à
cette daube 100 % US !
AR : Trop tard
... ou la mort à deux pas de la civilisation...
Un quasi huis clos... because the night !
Whiteboys
Par le réalisateur de Slam, n'est hélas
resté
qu'une semaine à
l'affiche...
semaine du 5 au 11 juillet 2000 :
AR ! 30 ans
Les personnages, avant tout...
... et le théâtre, bien sûr !
AR : L'envol
La violence (verbale) n'a jamais fait l'acteur...
Bien interprété quand même de la part de Clément Sibony, déjà remarqué dans un film
précédent...
Fantasmes (Lies - Gojitmal)
Attendre la K7 - ce sera plus profitable ?
Fortress n°2 (Réincarcération)
Produit par Luc Besson et Christophe Lambert ?
AV ! Les frères Sœur
Too much !
Ne pas rater.
AE : Les gens qui s'aiment
Mon Dieu !
Pas de scénario, et, au bout de 5 mn, le coup du dictaphone puisque l'on n'a pas non plus fait
l'effort de travailler les
transitions...
On ne peut décidément pas être et avoir été, cousin !
AR : Girls' night out
Il semble qu'à Séoul on soit assez libéré(es) - jusqu'à ce que l'on se fasse arrêter pour...
adultère !
On aurait pu faire l'économie de certaines scènes - ou cadrer plus serré -, à partir du moment
où l'on voit - l'on sait !
-
qu'elles sont simulées, et donc hors sujet : la recherche du plaisir au
féminin...
AV : Les glaneurs et la glaneuse (à
partir du 7 juillet)
... et aussi le grapillage, pour ce qui va vers le bas !
Un documentaire alerte et très plaisant qui ne se contente pas d'illustrer un certain way of
life, plus subi que
choisi -
quoique ! -, mais nous pousse aussi à nous interroger sur le bien-fondé d'une
société qui, si elle tolère qu'on survive à sa marge ne vous ouvrira pas tout grand sa porte
pour
autant !
Lake Placid
C'est décidé : le scénariste plaque l'acid !
Trop tard...
AR : Les marchands de
sable
Un polar tout en finesse, très bien interprété, où les protagonistes sont dépassés par les
événements : la vie,
quoi...
Et le plaisir de retrouver Marina Golovine...
Le margouillat
...n'est resté qu'une semaine à l'affiche !
AE : Old school (Old $chool)
L'idée est bonne, mais le rythme fait défaut... comme un scénario bien écrit, d'ailleurs !
Et puis les dominantes jaune-orange, ça lasse..
Les Pierrafeu à Rock Vegas (The Flinstones in Viva Rock
Vegas)
Produit par Buc Le çon ?
Total western
Produit par Luc Besson ?
AV ? Un couple presque parfait (The
next best
thing)
Hélas vu en version doublée...
Pour Madonna ?
AR : Un possible amour (56 mn) et Eve-Transit (15 mn)
... mais un très possible film au final !
Mention spéciale à Aurélia Petit pour son interprétation, mélange de Marie Matheron pour la
fragilité et de Marina
Golovine pour la hargne...
AR ! La ville
Une très bonne surprise...
Et un grand acteur à découvrir dans le rôle titre d'Ali...
AV : Le 3è homme (The third man)
Revoir et/ou relire le roman de l'auteur de La fin d'une liaison...
semaine du 28 juin au 4 juillet 2000 :
AR : L'âme sœur (Hohenfeuer)
... ou la sortie de l'enfance : mais, paradoxalement, les (merveilleux) grands espaces alpins peuvent s'avérer tragiquement "confinesques" !
Et cycliquement stériles...
Baise-moi
OK, mais on prend RV...
Plus sérieusement, une peinture pas vraiment reluisante des bêtes - euh, des mecs... et la réponse proportionnée des bergères !
AR : Le conte du ventre
plein
Apparaît tout d'abord kitsch et caricatural, mais on s'habitue vite comme on s'aperçoit qu'il y a
bien un scénario
derrière ce
look trés 70' s - normal de la part du réalisateur de Sweet sweetback's
baadassss song ?
Un conte - entièrement tourné en DV - très bien interprété : on est rassasié !
AV ? The crow n°3 (Salvation)
Au début, les dialogues et le jeu des acteurs font craindre la série B - ce qui est dommage, car
la récente série TV se
laissait
regarder...
Puis - on doit finir par s'habituer (car la qualité des dialogues ne s'améliorera pas !) -
bizarrement, on apprécie : la
musique,
bien sûr, et l'ambiance particulière que dégage le kitsch des couleurs
et des éclairages, tout en ombres et contrastes...
AV : Gangsta cop (In too deep)
Le thème du flic sous-marin a certes déjà été exploité - et avec plus de profondeur
s'il en faut - mais cela n'empêche pas d'apprécier cette version...
... malgré son côté un peu trop "politiquement WASP" !
NB : Avez-vous remarqué la présence de Pam Grier
?
AE : The skulls (Société secrète)
Mention spéciale pour les acteurs méritants qui font l'impossible pour nous intéresser à ce
scénanar plutôt
lourdingue qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes...
Le seul intérêt : la bande musicale !
AV : Sur un air d'autoroute
Une comédie entraînante dont, n'en doutons pas, le succès (mérité) se fera grâce au bouche...
à
oreille !
Et vive le charme (et la voix) d'Aure Atika
!
AR : Les terriens
... ou les paysans - pardon, les agriculteurs ! - de Vatteteau, en Normandie (où il ne fait jamais
sec !), leur vie
quotidienne
en cet été de 1999 à la veille de l'éclipse..
Plaisant et... instructif !
AV ! La vache et le
président
Un scénario original, qui sait refuser la facilité et réussit la gageure d'allier merveilleux et
réalité en toute
vraisemblance, et
jongle entre classicisme et... rebondissements, le tout servi par
d'excellents acteurs : Bernard Yerles en père veuf, inconsolable, la toujours lumineuse
Florence Pernel, et, bien sûr,
la plus
craquante de toutes, la pas si folle et terriblement citadine Maeva !
Un vrai délice pour toute la famille - c'est trop rare pour ne pas le signaler !
Tatsumi Kumashiro, maître de l'érotisme japonais :
AR : Sayuri strip-teaseuse
Un peu moins intéressant - et plus artificiel - que la femme aux cheveux rouges, il est
vrai réalisé un
septennat
(!)
plus tard ; quant à la technique, quelques "sautes" de film et caches noirs
disgracieux indiquant une moins grande maîtrise de la caméra face à la censure...
Se laisse voir cependant...
AR : Les amants mouillés (Koibitotachi Wa Nureta)
Sociologiquement et sexuellement intéressant que cette peinture d'époque (1974), même -
surtout ! -
aujourd'hui...
Peut-être, hélas, celui des trois qui aura le plus souffert de la censure, qui frise parfois le
ridicule !
Et le ridicule tue... l'amour !
AR : La femme aux cheveux rouges
Une maîtrise impressionnante de la caméra (cadrage et mouvements) qui permettrait presque
le visa tout public
!
Non, je suis taquin... Chaud à l'époque (1979), peut-être moins vingt ans après, cet
Empire des sens
qui sait
se limiter à l'essentiel - votre imagination - n'a pas pris une ride : c'est un signe !
semaine du 21 au 27 juin 2000 :
AV : 28 jours en sursis (28 days)
Ses récents films et le sujet de ce dernier faisaient craindre du pire...
... c'est donc une bonne surprise de voir qu'il n'en est (presque) rien, et on passe un bon
moment en cure avec Sandra Bullock - malgré la guimauve habituelle,
typiquement anglo-saxonne,
des
"méthodes" de désintoxication !
AE : Le battement d'ailes du
papillon
Mais quand donc, bon sang, s'affranchira l'Homme des horoscopes, du loto et autres
superstitions, et prendra-t-il,
enfin, sa
vie en main ?
Il est désolant, à l'aube du troisième millénaire, de constater que l'obscurantisme - grâce aux
médias - a encore de
beaux
jours (!) devant lui, tant que la vulgarisation restera méprisée par les
scientifiques : car l'effet papillon, ça n'a jamais été ça !
Enfin, passons, pourquoi ne pas utiliser le thème du hasard qui n'en n'est pas un, mais à
condition de ne pas en
abuser,
sinon, et c'est ce qui arrive, on perd vite le fil (et l'intérêt) pour ce qui n'est
plus qu'une suite de saynètes juxtaposées avec plus ou moins de bonheur - comme celle du
bar
avec François
Chattot...
AR : Dancing North
Une coproduction franco-italienne, mais essentiellement tournée dans le Grand Nord
canadien
- tabernacle !
-
au
pays des Inuits...
Si la musique apparaît ici plus comme un prétexte que comme l'expression d'un vrai
métissage,
ce "prétexte" sert
d'amorce
à une rencontre entre deux cultures - thème éternel ! - mais - le premier
contact ne datant pas d'hier ! - ayant déjà switché...
L'une a adopté le mode de vie de l'autre, l'autre essaie d'en comprendre les coutumes...
NB : Rencontre avec l'équipe du film le mardi 27 juin 2000 à l'Entrepôt, métro
Pernety...
AV : Fous d'Irène (Me myself and Irene)
Même si l'on comprend que l'on puisse être (doublement) fou d'Irene (Renée
Zellweger),
il ne s'agit pas là d'une obsession, mais plus
d'une
classique
course-poursuite...
...avec Jim Carrey, quand même !
AR : Janice, l'intérimaire (Janice Beard)
Drôle, enlevé et (assez) original.
Un bonbon écossais bien sympathique - en rouge comme en mauve !
AR : Les opportunistes
Intéressant ; fait plus anglais qu'américain - moins d'action, plus de psychologie, de
finesse...
Centré sur Christopher Walken, impeccable comme toujours ; en outsider, Peter
MacDonald et, en guest
star, Cindy Lauper : prometteurs !
AV : Sexe attitudes (Body shots)
À partir du moment où l'on sait que les Américains sont (aussi !) sexuellement et
"relationnellement" handicapés,
donc que
rien de ce qui sera (abondamment) dit ni (du peu) de ce qui sera fait
n'est à prendre pour euro comptant, on suit avec intérêt ce qui s'avère, somme toute,
un honnête polar... de
marionnettes !
Et bien servi par ses interprètes, qui - tous - montrent qu'il y a quelque chose derrière le
look : cela méritait
d'être
souligné...
AR ? Les yeux brouillés
... pas qu'un jeu de mots facile avec le film précédent, lui aussi en
super-8 :
non, une suite, sur le même sujet - le réalisateur lui-même !
Une sortie en salle (au singulier), pas forcément justifiée mais d'actualité, avec les limites
mais
aussi les qualités
inhérentes
au genre Parlez-moi d'moi, y'a qu'ça qui m'intéresse...
Le propre d'un (banal) journal intime qu'on aimerait secrètement exhiber...
AE : Panique à Needle
Park
La vraie panique, ce n'est pas quand il y a pénurie de drogue à Needle Park, mais ce
serait plutôt de
constater
que
filmer une descente "sèche" - comme un quinquennat ! - dans les enfers de la
drogue (sous prétexte de dénoncer ?) est - pour le moins - préventivement inefficace (avec le
recul depuis 1971, on
ne peut
pas dire que ce fût dissuasif !), et malsain, voire malhonnête...
Quant à l'interprétation, désolé, mais Al Pacino en junkie, on n'y croit pas trop ; sa
partenaire, Kitty Winn,
est
certes
plus convaincante - sans qu'il soit forcément nécessaire de nous la montrer se
shooter !
Mais comme on a fait l'impasse sur 95 % de la psychologie des personnages...
Enfin, restent les trente dernières secondes du film : c'est peu, mais cela vaut tout !
Le rock du bagne (Jailhouse rock)
semaine du 14 au 20 juin 2000 :
AE : Battlefield Earth (Terre, champ de
bataille)
Attention, scientologie !
Sachez donc où (n')ira (pas) votre argent, et ce que vous risquez, endoctrinement
parlant - à moins de vous
appeler
Christophe "Il est très fort" Lambert !
AV : Gladiator (à partir du 20
juin)
Rien à dire - sauf quelques abus de particules (flocons, poussières, oiseaux) dans les effets
numériques...
Une réussite.
AR ? Human traffic
Parle - heureusement ! - plus de drogues qu'il n'en montre la consommation... et les effets
!
Alors pourquoi ne pas s'en être passé ?
Il est pour le moins léger, irresponsable et criminel d'oblitérer les dangers de l'ectasy et autres
smarties - outre the
floppy
effect ! - surtout dans un film qui s'adresse à un public a priori à risque !
AV ! Issue de secours (Do not disturb)
Une très bonne surprise que des critiques imbéciles ont voulu saBORDER : ne les écoutez
pas, et
courrez voir ce
vrai/faux
polar plein d'humour, de clins d'œil (i.e. le tueur maladroit à la Kevin
Kline) et d'auto-dérision (L'ascenseur, L'ambulance...) dans un Amsterdam et
sa faune que seul un
natif du
cru pouvait chambrer à ce point !
Mention spéciale pour la jeune brunette muette (Francesca... Brown !), et, en prime (en vo) la
voix toujours
sensuelle de
Jennifer "Mom" Tilly...
AR : Jacqueline dans ma vitrine
Rien de graveleux, soyez rassurés - ou déçus ?!
Original, (assez) drôle, (pas assez) délirant, et bien joué : globalement satisfaisant, même si
l'o
reste (un peu) sur sa
faim...
AV : Jet set
Globalement réussi, ce qui est bien le moins, mais on a vu pire !
Que c'est drôle... Génial ?
AR ! Liste d'attente (Lista de espera)
Délicieux, ce qui n'était pas joué dans un pays sinistré par quarante années de dictature
castriste - et la magie qui
s'installe
peu à peu, mine de rien, ajoute d'autant au contraste !
Ne pas hésiter, donc, même s'il faut s'inscrire sur une liste !
AR : Petite conversation familiale
Une très bonne surprise que cette première réalisation d'Hélène Lapiower, qu'on connaissait comme (excellente) comédienne, et qui réussit la gageure de nous scotcher à notre siège avec un... documentaire, familial, et tourné en vidéo !
Un heureux événement, quoi...
Pour l'amour du jeu (For love of the game)
AV ? Promenons-nous dans les bois
Le début, le cadre et la musique sont prometteurs, mais l'intendance, en l'occurrence le
scénario, ne suit pas !
Dommage que cette promenade ait tourné court...
AR : La spirale du pianiste
Il serait dommage de réserver ce film aux spécialistes et/ou aux mélomanes : une paire d'yeux
et une autre d'oreilles
suffiront...
... pourvu que l'on sache grand les ouvrir : et la compréhension surgira d'une main gauche
magique qui déroule une
montée
chromatique inquiétante d'un sol à un autre, accolé à un la !
semaine du 7 au 13 juin 2000 :
AE : American psycho
On avoue - volontiers - que l'on n'a pas lu le livre, qui, paraît-il, avait causé quelques remous
outre-Atlantique...
Ce n'est pas le film qui nous donnera envie de combler cette lacune !
AV ? La bostella
Ce n'est pas tout que d'obtenir une demie heure de prime time journalière, il faut la
remplir !
Comme cette heure et demie de grand écran, d'ailleurs, qui essaie - avec plus ou moins de
bonheur - de raconter
comment,
dans la ligne de nulle part ailleurs... mais cela méritait-il une sortie en
salles ?
AR : Cuba feliz
Une démarche différente de celle de Buena Vista
Social Club, qui était
plus
"mis en scène", moins "documentaire" qu'ici...
... mais la musique cubaine, et le formidable réservoir de ses interprètes, même moins connus
(mais gagnement à
l'être !),
restent, eux !
AR : D'un rêve à l'autre (Passion of mind)
Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : deux Demi (ça fait 1 ?) Moore pour le prix
d'une, ça ne se refuse pas
!
Même si l'on aurait préféré moins de dialogues, et plus d'ellipses - le rêve à la compréhension,
quoi...
AV ? The dancer
Une resucée de Flashdance à la All that jazz agrémenté (?) d'un montage
speedé éprouvant, à la limite
du
"torticoligène", et dont la seule originalité (?) serait le mutisme de la danseuse - qui n'est
cependant pas sourde, c'eût été par trop invraisemblable (!) - ou du moins difficilement
justifiable...
Heureusement qu'il y a les acteurs !
AV ! En vacances
Trois "groupes familiaux", ayant sympathisé un été 90 à l'occasion de la construction
commune d'une mémorable - et
insubmersible ! - fusée de sable, décident que chacun écrira un mot qu'ils
liront, tous ensemble, dix ans plus tard - donc en août 2000 - à l'endroit de leur première
rencontre...
... mais en attendant, ils se retrouvent régulièrement aux grandes vacances, à la mer, la
montagne, la campagne -
voire chez
l'un d'eux, au gré de la fortune du sort !
Les enfants grandissent, les amours aussi, puis finissent - ou s'éclipsent ; d'autres (re)naissent
:
dix ans, c'est long,
c'est court,
et les vacances, ça reste fragmentaire...
... mais c'est aussi beaucoup !
AR ! Fucking Åmål
Pas turc, mais suédois - quoique culturellement très américanisé !
Délicieux et pétillant ; Alexandra Dahlström et Rebecka Liljeberg : deux très bonnes raisons
pour un pur hétéro
d'envisager
sérieusement le transsexualisme !
AV : He got game
Basketteur de père en fils, pour sortir du ghetto : we got our new Spike Lee...
Une incongruité, toutefois, artistiquement injustifiable, probablement due à des impératifs de
production et/ou de
marketing
: Jeanne d'Arc !
AV : Il suffit d'une nuit (Up at the villa)
... et de Kristin Scott Thomas, qu'on inviterait bien prendre le thé !
Ah, Florence...
AR : Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde
Un Paris estival qui évite les habituels clichés... et des touristes !
Des images pleines de couleurs et de soleil - particulièrement de saison ! -, des cadrages en
gros plan digne de
Raymond
"Comment va la douleur" Depardon, photographe, pour qui Franssou
Prenant a aussi joué et monté des films - ainsi que pour Romain Goupil et Jacques Kébadian -
et un montage habile
qui ne
souffre peut-être que d'une absence de compromis entre monteuse et
réalisatrice-scénariste puisqu'il s'agit de Myope et de Lunettes !
AV : Piège fatal (Games)
Ce n'est pas Fargo, mais cela reste honnête...
Efficace : on passe un bon moment - à défaut d'un bon Noël !
AE : Presque rien
... c'est ce qu'il nous restera de ce film, qui n'aura donc pas menti !
Décidément, la cuvée 2000 de films gay est
plutôt
médiocre...
AE : Raccroche !
... ou plutôt on décroche très vite (dès la bande annonce, à vrai dire !) de ce Trois sœurs au
téléphone !
Une caricature de l'american woman que n'aurait pas reniée le service de propagande
du KGB, que la
réalisation
(un peu trop) nerveuse, bien que féminine, ne lui épargnera pas la qualification
d'anti-féminisme primaire : c'est le comble !
Terres africaines n°5 (Le retour d'un aventurier)
Une vraie jeune fille
semaine du 31 mai au 6 juin 2000 :
AR ? Bobby G. can't swim
La (dernière) course d'un petit dealer dans les rues d'un New York estival : rien de bien
original, mais se laisse
regarder...
Le parcours de Bobby rappelle d'ailleurs furieusement une histoire similaire, vue l'an passé,
mais il était question de
Johns, à l'époque...
AR ? Comme un aimant
Pour un premier film, le rythme, la musique : ok, se laisse regarder...
Quant au fond, aussi intéressant - et moralisateur ! - que Bobby G. : à vous de voir
!
AV : Comme un voleur (Thick as thieves)
Bizarrement, on n'a pas détesté...
... même si, dans cet univers d'hommes, on ne trouve guère que Rebecca De Mornay pour
relever les quotas (et, au
tout
début du film, de Janeane Garofalo, qui joue
aussi
Mabel, la fille en
2028
de Paul & Jamie dans Dingue de toi, le samedi à 16 h30 sur TF1 - mais c'est parce
que
l'on est fan !)
AV : Cut
Classique, déjà vu et revu, mais n'empêche pas le plaisir...
... de retrouver Molly Ringwald - exilée en Australie ? - qu'on aimerait bien faire tourner de
ce
côté-ci de
l'Atlantique, dans
des films à la hauteur de son talent !
AV ! En toute complicité (Where the money is)
Le plaisir à l'état pur - entendez par là Linda
Fiorentino, récemment
vue
dans Dogma : ah, séduction...
Et, pour les dames, Paul Newman, toujours bon pied, bon œil (!), et Dermot Mulroney, dans
le rôle ingrat du mari
un peu
anesthésié par la vie quotidienne - comme hélas trop souvent dans la
réalité !
AV ? Meilleur espoir
féminin
Il vous sera probablement difficile d'y échapper (au big ass de Bérénice Bejo ?), ce
qui
artistiquement, ne se
justifie
pas : convenu, trop caricatural, "clichesque", avec un peu d'émotion pour lier
le tout et le produit est prêt à la consommation...
Dommage, on attendait mieux de Pinot simple flic !
AR ? Passionnément
Au début on veut y croire, puis de moins en moins, on s'impatiente, et finalement on est
déçu...
Y avait-il un scénario, au fait ?
Sinon, dans le rôle de la fille, on aura eu le temps (!) de reconnaître... le meilleur espoir
féminin !
AR ! Petite chérie
Caustique et grinçant, entre vie rêvée et morne réalité - ici chez ses parents - ailleurs il fallait faire sans...
Une interprétation remarquable, autant les jeunes mariés (!), Corinne Debonnière et Jonathan Zaccaï, que les (beau-) parents, Laurence Février et Patrick Préjean - qui rappellent étonnamment un autre couple sacré, Josiane Stoléru et Michel Aumont !
Et un moment savoureux assaisonné de Let' all chant et de J'ai attrapé un coup de soleil...
AR ? La rage de vivre (Alive and kicking)
... ou l'enfer est pavé de bonnes intentions !
Certes, il s'agit d'un sujet difficile, mais d'autres ont été plus heureux - ou se sont montrés plus habiles !
Ici, on s'ennuie vite, et seule, la fin évite le naufrage total...
AR ! Solas
Seules, ce sont la femme et la fille battues d'un mari et père du sud de l'Espagne rurale, et dont l'hospitalisation dans la ville où a échoué sa fille (qui essaie en vain de remplacer le manque d'amour par l'alcool) permettra à ces deux solitudes, d'abord "cohabitantes", d'esquisser un pas vers ce que l'on pourrait appeler un nouveau départ...
Pas pathos pour deux sous, formidablement interprété et réalisé, voilà ce qu'il convient d'appeler meilleurs espoirs féminins !
semaine du 24 au 30 mai 2000 :
AV ! À la verticale de l'été
Pour l'image, les couleurs, la musique..
Beauté des paysages et des femmes, on comprend que l'on ait aimé le Vietnam, même si cela ne justifie pas de l'avoir envahi...
AR : The house of yes
Des fois, il vaut mieux ne pas rencontrer sa belle-famille, n'est-ce pas Dona... heu, Miss
Spelling ?
Adaptée d'une pièce très étasunienne de par ses dialogues et le manque de maturité des
relations amoureuses, mais
néanmoins réussie, surtout grâce à l'interprétation de Parker Posey - qu'on
aimerait voir plus souvent dans de grands rôles ! - dans le rôle
de la
(belle)-sœur, Jackie-O...
AR : I could read the sky
... et à vous de lire ce film, comme on lit un livre, c'est à dire avec un minimum de
concentration : voir, bien
sûr,
écouter la bande son (bruits, musique et récit), mais aussi interpréter, décrypter
tout ce flux de signifiant...
Bref une expérience intéressante, qu'il vaut mieux faire seul, concentré, face à un grand écran,
et de préférence bien
éveillé :
et le bénéfice retiré sera à la hauteur de l'effort consenti !
AV ? Je rêvais de l'Afrique (I dreamed of Africa)
Pour les paysages d'Afrique, bien sûr !
Car malgré les efforts de Kim Basinger pour nous intéresser à cette histoire vraie, on a du mal
à ressentir autre chose
que du
soulagement lorsque enfin disparaîtra son mari (il faudra attendre une
bonne heure) dont l'Afrique a réveillé l'instinct du chasseur-pêcheur (à défaut de celui de
supporter de foot buveur
de
bière)
et d'être franchement agacé lorsque à la mort de son fils, mordu par un
de ses serpents, elle se résout à lui faire du bouche à bouche, après que toute trace de bave a
(hygiéniquement)
disparu
!
AV ? On fait comme on a dit
Apparaît comme un film d'une bande de copains, avec ses qualités (?) et ses défauts...
À voir de même !
AR ? Le pont du trieur
Pour ces images du désert et des montagnes du Pamir, peu banales à nos yeux d'occidentaux
urbains...
... mais une mise en forme un peu plus travaillée aurait justifié la sortie en salle de ce
documentaire.
AR : Le premier du
nom
Apparaît au début comme une banale recherche généalogique à la mode, Le premier du
nom (Moïse Blin, qui
fut à
l'origine des deux familles juives alsaciennes Blin/Bloch et Fran(k)el) devient
vite par les témoignages de ses (nombreux) descendants - et un montage inspiré ! - une vraie
saga (d'un Strasbourg
post -
mais encore trop - moyenâgeux à un Elbeuf en pleine révolution
industrielle du textile) où l'appartenance à la communauté juive rime moins avec religion
qu'avec Résistance :
intéressante
alternative à une autre saga vue récemment...
NB : rencontre avec la réalisatrice et Claire Clouzot samedi 3 juin à la séance de 19h50 au
Reflet Médicis, 3 rue
Champollion...
AV : Première sortie (Blast from the past)
Bien évidemment, à prendre au premier degré !
Drôle et caricatural ; et, cerise sur le gâteau, la jolie frimousse (et le talent !) d'Alicia Silverstone...
AE : P'tits génies (Baby geniuses)
Pas d'intrigue, un doublage anti-naturel au possible, et, plus grave, une exploitation douteuse de très jeunes enfants : beurk !
AE : Une vie à deux (The story of us)
Une heure et demie de poncifs, de clichés et de... coiffures variées qui essaient - en vain ! - de cacher la misère d'un scénario inexistant...
... à moins qu'il ne s'agisse d'un inutile et indigeste prologue à ces trois minutes où Michelle Pfeiffer, qui se sent quand même obligée de nous en donner pour notre argent, démontre, si besoin était, qu'elle reste une grande actrice - à défaut de savoir choisir ses films !
AV ! A woman's face (Il était une fois)
Ce visage de femme, c'est celui de Joan Crawford, preuve - si besoin était ! - que les brunes n'ont jamais compté pour des prunes... surtout avec ce noir et blanc !
Plus sérieusement, il s'agit bien là d'un film remarquable (de Georges Cukor, adapté de la pièce de Francis de Croisset) dont le classicisme de la forme (on commence par un procès, et le récit de chaque témoin permet d'enchaîner les retours en arrière) ne nuit en rien à son intérêt ; quant à la qualité du jeu des acteurs (il y a aussi le fascinant Conrad Veidt, et le fasciné Melvyn Douglas), la caméra, d'une virtuosité impressionnante (la course de traîneau finale qui ferait pâlir Ben Hur !) est au même niveau : au-dessus des montagnes !
semaine du 17 au 23 mai 2000 :
AR : Je préfère le bruit de la mer (Preferisco il rumore del mare)
Cela se conçoit.
Par l'auteur de La seconda volta et Mots d'amour : à découvrir !
AV ! Saint-Cyr (The king's daughters)
Comment la bigoterie pervertit une belle idée, généreuse, qui s'est hélas révélée inapplicable, car arrivée trop tôt, dans un pays où plusieurs révolutions, dont celle des esprits, restaient et restent encore à faire !
Mais un germe, quand même, fragile, à l'image de cette fuite maladroite, "brownienne" à travers ces herbes folles, dans une trop froide lumière d'été...
AV ? Simon Sez sauvetage explosif
Série B annoncée, et assumée, sorte d'AB productions américaine sur la Côte d'Azur : on ne sera donc pas déçu.
On reconnaîtra (?), en vrac, Henri Courseaux, un 2Be3, une Taxi girl (Emma Sjöberg) et la jolie Natalia "Merci les filles" Cigliuti...
AR ? Tabou (Gohatto)
Hélas raté.
Trop de dialogues qui nuisent à la pureté des images (et paradoxalement à la compréhension !), pas assez de regards et de non-dits
Dommage.
AV ! Les bourreaux meurent aussi (Hangmen also die)
Un film d'actualité - enfin d'actualité à l'époque de son tournage (1943, situé dans Prague occupé par les nazis, en 1942) : saisissant !
Plein de rebondissements, incertain jusqu'au dénouement : une réussite signée Bertolt Brecht et Fritz Lang !
semaine du 10 au 16 mai 2000 :
AR ! Les cinq sens
De la perte progressive de l'un au manque atavique - culture anglo-saxonne oblige ! - d'un autre, en passant par la volupté d'un troisième, la luxure d'un quatrième et le pouvoir d'évocation du dernier de nos cinq sens, chacun affecté - mais sans affectation ! - à un personnage : voici ce qui sert de prétexte mais d'un habile prétexte à ce portrait de canadiens avec... petite fille !
Je n'en dis pas plus, sinon que l'on a de plus le plaisir de revoir Mary-Louise Parker, Molly, et... Pascale Bussières qui apparaît au milieu du film comme... comme une d'Ingrid Bergman canadienne ?
AV : Les adversaires (Play it to the bone)
... ce sont deux amis (Antonio Banderas et Woody Harrelson), boxeurs professionnels (ayant connus une meilleure gloire !) qui, à l'occasion d'une double défection au match précédent celui du retour de Mike Tyson, entreprennent - dans la voiture (verte) de leur ex (magnifique Lolita Davidovich) - le voyage de Los Angeles à Las Vegas (ah, les striations !), où les attendent les 100 000 $ de prime...
Un savoureux voyage à trois, qui - alors qu'on finissait par en douter ! - arrivera bel et bien à son terme, où, cerise sur le gâteau, on aura effectivement droit à un match d'une grande beauté !
AR ! Comme toi... (Come te nessuno mai)
Adolescence, amour et... contestation !
Un petit délice(-éen), vif et enlevé, qui n'aurait pas dépareillé dans cette série d'Arte qui avait donné lieu à quelques perles comme Les roseaux sauvages ou L'eau froide...
Dauphins en liberté
AR : Kieslowski
Cinq documentaires inédits de l'auteur des Décalogues, de Rouge, de La
double vie de
Véronique...
Du point de vue d'un veilleur de nuit (17 min), réalisé en 1977, illustre les petits
arrangements avec...
plus
de trente ans d'un régime totalitaire vécu au quotidien : une "philosophie" de la vie
effarante !
L'hôpital (21 min, 1976) est une sorte d'Urgences version est : 24 heures
dans la vie... d'un
hôpital
dont la faiblesse des moyens est bien en phase avec
la
faillite du régime !
Les têtes parlantes (15 min, 1980) portraits de désirs d'humains, en jouant à rebours
de
la flèche du
temps...
Je ne sais pas (35 min, 1977) ou Don Quichotte contre la corruption d'un régime, etc.
Long mais
nécessaire.
Enfin, La gare (13 min, 1980), qui rappelle l'omniprésence de l'œil de Moscou... ou de
Big brother
!
AV : Mission to Mars
Un peu long à démarrer, non exempt de lourdeurs, d'invraisemblances (!) et de kitsch, mais finalement sauvé par sa fin... et sa musique !
Et aussi la sortie dans l'espace, suite au bombardement inattendu de micrométéorites - mais surtout par ce qu'éveillera en chacun le mythe 2001-esque !
AV ? Mon voisin le tueur (The whole nine yards)
Doit beaucoup à Matthew Perry (le voisin du tueur, Bruce Willis), dentiste de son état (mais pas suicidaire !) qui, affublé d'une caricature d'épouse anglo-canadienne (il faut entendre l'accent de Rosanna Arquette !) et d'une assistante de choc (Amanda Peet) va bien sûr tomber en amour de la femme du tueur (Natasha "Species" Hentstridge) en dépit de la pègre (hongroise !) de Chicago...
En revanche, la réalisation est assez craignos, à commencer par le panoramique sur Montréal - merde, c'est impardonnable !
Tre storie
AV : Vatel
L'arrêt d'une tempête, une visite nocturne, la douleur aiguë de la perte...
... et quelques lettres échangées : moments intenses qui, à eux seuls, justifieraient - plus que le faste de la reconstitution - que l'on se rendît à l'invitation du prince de Condé (en disgrâce auprès du roi depuis la Fronde) pour ces trois jours de banquets et de spectacles orchestrés par son intendant, François Vatel, et destinés à lui faire retrouver les faveurs de Louis XIV...
AR : Virtual sexuality
En attendant de trouver le gode... euh, le garçon idéal pour perdre sa virginité, pourquoi ne pas essayer de le modéliser à l'aide d'un logiciel de "relookage" ?
Oui, mais, la foudre, l'effet Frankenstein, "(s)he's alive !", etc. - et les choses vont se gâter...
Plaisant - c'est sur le code barre !
semaine du 3 au 9 mai 2000 :
AR ! Après la pluie
... vient le beau temps, et surtout, peu à peu, se dessine le portrait de ce ronin
voyageur... et de sa femme
!
L'esthétisme n'est pas de reste dans ce conte moral humanisme en diable, dernier - et
magnifique - scénario d'Akira
Kurosawa mis en image par son fidèle assistant Takashi Koizumi : une
réussite...
AR ! Babylon, USA (Judy Berlin)
C'est le temps des bilans pour certains, des décisions pour d'autres dans cette petite ville de
province où les
sentiments
réfrénés, les illusions enterrées vont affleurer à l'occasion d'une éclipse
insolite comme une frog rain !
Irréel, envoûtant... et plus reposant que Magnolia
!
AR : Beau travail
Effectivement : du beau travail, esthétiquement, plastiquement et chorégraphiquement
parlant.
De l'Art avec un grand A, qui plaira même aux homophobes !
Nécessite cependant d'ouvrir grand ses yeux durant les quatre-vingt-dix minutes de ce tableau
vivant et animé, afin
de ne
rien perdre de sa lumière et de ses couleurs... ou y revenir, comme on
revient à une exposition !
AV : Company man
Attention : rien à voir avec le masculin d'escort girl, entendez par company
celle qui fait des
investigations...
Tout, tout ce que vous avez voulu savoir sur la baie des Cochons même en ayant osé le
demander !
Un tantinet lent à démarrer, mais une fois à Cuba, ça va chauffer Agent X !
AV ? Hypnose (Stir of echoes)
Démarre bien, effets spéciaux sympas (hélas vite remisés - cause budget ?), le plaisir de
retrouver Kevin
"Footloose" Bacon (dont, il est vrai, on reste à moins de sept degrés de séparation) et
Illeana Douglas (la belle-sœur hypnotiseur),
et de
découvrir Kathryn
Erbe ;
mais une réalisation maladroite qui vend la mèche dans le premier quart d'heure et une
absence
de rebondissements
par
la suite dans le scénario font, malgré la musique, que ce qui aurait pu être (un bon film)
avorte.
Prometteur mais menteur : bref, on est déçu.
N.B. En se prenant la tête (Le Monde du 04/5/00) on pourra certes parler "d'univers sans
qualité de banlieusards
américains", de "réflexion émouvante sur la valeur des liens filiaux" :
gageons que l'on fait référence au roman de Richard Matheson dont est tiré le film, et que,
dans ce cas, il serait aussi
intéressant d'évoquer le thème de l'exclusion de la mère de ces liens
père-fils (au fait, une fois signalé au début du film qu'elle attend un deuxième bébé, total
silence radio : quel intérêt,
alors
?!), et pourquoi pas à la manière de la tragédie grecque ?
AR : Les insaisissables
Pas tant sur les huissiers (et les banquiers) que ça, qui servent plus de révélateur aux liens
familiaux (de sang ou
d'adoption)
et à l'amitié (et à l'amour)... face à l'adversité !
Un film très sympathique du réalisateur du Pion, (sup)porté de bout en bout par
Dominique Guillo - qui n'est
pas
sans rappeler Patrick Bruel à ses débuts...
AV ! Luna papa
Ressemble à du Kusturica (le réalisateur, pas l'acteur
!), mais c'est du Khudojnazarov : ce n'est pas grave, c'est tout aussi
délirant !
Alors, accrochez-vous, c'est parti !
AR : Mais qui a tué Tano ? (Tano da
morire)
La réponse (c'est une histoire vraie !) a pris la forme d'une série de clips, kitsch, délirante,
dont
certaines allusions
peuvent
échapper aux non-italiens - pardon, aux non-siciliens !
Décoiffant, en tout cas.
AV ? La neige tombait sur les cèdres (Snow falling on
cedars)
Prend hélas la forme archi-usée d'un procès à l'américaine ; du coup, plein - trop ! - de retours
en arrière pour
expliquer
comment on en est arrivé là...
Deux points positifs : nous rappelle qu'il a existé des camps aux États-Unis, et une très belle
image (la déposition de
la
veuve)...
AV ? Simpatico
D'après une pièce de Sam Shepard - mais, au vu de l'adaptation cinématographique, on a du
mal à imaginer ce que
ça
donne au théâtre !
Bref, soit la pièce est nulle, soit c'est la réalisation ; heureusement, ça va (beaucoup) mieux
côté interprétation (Nick
Nolte,
Jeff Bridges et Catherine Keener - mmm !) ; pour Sharon Stone, il s'agit
plus d'une apparition (c'est une habitude ?) - espérons qu'il ne s'agit que d'un rôle de
composition !
AR : Soins & beauté
Bien que partiellement vu (entre deux zappings) à la télé il y a quelque temps (sans doute sur
Arte - qui a aussi
diffusé
Beau travail il y a une quinzaine de jours), conserve
son
intérêt.
Un œuvre originale que l'on pourrait qualifier de littéraire : précise, travaillée... et un style
!
En première partie, Une nouvelle douceur (1996), de la même veine... à découvrir
!
AV ? Sunshine
Le début fait peur : la musique (mon Dieu !), le commentaire en voix off...
Heureusement cela s'arrange (sauf quelques perles dans les dialogues, comme "Quand je
suis avec toi, c'est
comme si je
revenais au port !"), on finit par (presque) s'habituer (au thème
minimaliste de la musique qui nous avait été asséné à l'ouverture) - dans le genre saga
historique, on a vu pire... à la
TV ! -
mais ce n'est pas le colonel Redl, et la part donnée au suivi d'un siècle
d'Histoire ne laisse du coup guère de place aux personnages, tout simplement...
Mauvais choix pour Ralph Fiennes à chacune de ses (ré)incarnations : que ce soit sous
l'Empire austro-hongrois, le
nazisme
ou le stalinisme, même en jouant la carte de l'intégration, être juif à
Budapest aurait mieux rimé avec... émigration !
Sinon, peut-être que les personnages (et l'hérédité) ont été écrits ainsi, mais il fait quand
même
un peu coincé - genre
mormon dépressif, vous voyez ?
Certes, il y a historiquement de quoi, mais quand on est personnellement aussi
bien entouré : la
rousse
Jennifer Ehle, deux brunes, la légitime (Molly Parker) et l'adulterine (Rachel Weisz), et la
blonde euh... la chatte de Deborah Kara Unger ! (air
connu)
AR : Un 32 août sur
Terre
Un titre bizarre, qui pourrait, au fur et à mesure que cette "anomalie temporelle" se poursuit -
32 août, 33 août, 34
août... -
faire craindre qu'on nous joue quelque mauvais Huis clos - ce qui serait
le comble à Salt Lake City !
Mais non, rassurez-vous - quoique, le "retour en septembre " pourrait être aussi celui à une
certaine réalité pour
l'héroïne,
Pascale "When night is falling" Bussières, avec laquelle on passerait
volontiers tous les 32 août passés, présents et à venir !
semaine du 26 avril au 2 mai 2000 :
AV ! André le magnifique
On craint toujours, lors de l'adaptation cinématographique d'une pièce, un ratage..
Mais ici, c'est une réussite - à la mesure des nombreuses représentations données depuis la
création de la pièce !
AR ? Berlin Niagara
On part avec un bon a priori qui finit hélas par s'effriter comme l'intrigue et la
réalisation - et notre intérêt,
malgré le
charme de la belle Heike Makatsch ! - se relâchent...
Dommage, il y avait de bonnes idées, mais le ratage semble le lot des coproductions
européennes où l'anglais - même
s'il a sans doute permis une entente au niveau financier - démontre une fois de plus qu'il
n'entend rien à l'Art quand il
est imposé... aux "continentaux" !
AR : Civilisées
Un féminin pluriel de rigueur (comme l'hystérie ?), la barbarie s'accordant ici, dans
Beyrouth dévastée par la
guerre civile, exclusivement aux combattants mâles de tout poil - jusqu'aux kidnappeurs en
herbe de 10 ans !
Dérangeant - comme la vie qui s'habitue à la guerre et à l'horreur - au point que sa sortie,
prévue le 15 décembre, a
été retardée pour quelques mots... sataniques, à moins que la vision de la réalisatrice sur la
guerre du Liban n'ait
offusqué quelques barbus !
AR ? Doulaye, une saison des pluies
Un voyage au Mali (au début de la saison des pluies) à la recherche de l'ami de son père -
i.e. son père, son
oncle - qui n'a pas donné de nouvelles depuis vingt ans...
Le problème, c'est qu'une fois le tonton retrouvé, le film - assez bien monté, super 8 inclus -
perd avec sa raison
d'être tout intérêt... autre que familial !
AV ! L'enthousiasme
Le Chili, version grands espaces et... spéculation immobilière, et, bien sûr l'amour version
latine...
Bref, enthousiasmant !
AV ? Erin Brokovich (Seule contre tous)
Tant qu'il reste plaisant de regarder Julia (aux deux) Roberts évoluer dans un conte
fée...
Sinon, le thème éternel de David, qui, à coup d'avocats, combat Goliath, et gagne, cela
équivaut à notre 100 %
de
gagnants ont tenté leur chance hexagonal : l'un comme l'autre sont garantis à sec
!
AR ! Mademoiselle Julie (Miss Julie), de Mike Figgis
Une pièce solide (Strindberg, quand même !) et riche, magistralement portée à l'écran par
Mike Figgis.
Un duo haletant, très bien joué et très bien servi par un cadrage réglé avec la finesse... d'une
lame de rasoir !
AV ? La parenthèse enchantée
Nostalgie, nostalgie...
Une parenthèse agréable, sans plus...
AE : Six-pack
L'importation d'un serial killer était déjà discutable, mais si en plus il s'agit de
reproduire la usual
daube
chère à l'industrie hollywoodienne du 7è art (tiens, j'ai accolé Art et Industrie !),
il ne
faut pas s'étonner que cette adaptation d'une série noire à la Daeninck ait - il n'y a pas
de miracle ! - conservé
les
caractéristiques propres à ses composants : simpliste, "clichesque" et
psychologiquement déficiente...
100 % shit, quoi !
AR : T'aime
Dialogues assez primaires (à l'image du héros ?), trop descriptifs (ils annoncent trop souvent
l'action à venir, de
même que
certains plans ou actions un peu trop appuyés !), etc. : on ne sort pas
indemne de toutes ces années au service (?) du public décérébré du petit écran - TF1, bien sûr,
et le côté obscur de
France
2...
Mais si l'on arrive un tant soit peu à laisser de côté tout préjugé, nul doute qu'à l'instar de cet
"idiot" nous laissions
échapper
un T'aime, peut-être primal mais... sincère !
AR ! Tragédie burlesque
Un vol au-dessus d'un nid de coucous - qui vont d'ailleurs le quitter, à la suite de leur directeur en rupture de crédits - dans un Belgrade dont on finit par se demander s'il n'est pas - métaphoriquement - devenu un gigantesque asile !
Une allégorie, un parcours quasi-brownien, auxquels ne manque peut-être qu'une fin à la Fellini...
AV ? Une affaire de goût
N'en manque pas, même si la fin peut laisser sur... sa faim !
Moins sophistiqué que Tiré à part, on n'en crachera pas pour autant dans la soupe - populaire !
semaine du 19 au 25 avril 2000 :
AR : À l'est de la guerre (Jenseits des
Krieges)
Ce n'est pas tant la mémoire qui serait soluble
dans l'eau que le déni,
conscient ou non, de ce que l'on a vu, savait, fait ou laissé faire à cette époque de barbarie,
quand on était dans la
Wehrmacht,
que ce soit au front ou dans l'aviation, que l'on ait été engagé volontaire ou non...
À l'heure de la résurgence de la peste brune en Autriche, il serait temps de remettre en cause
tous ces "petits (!)
arrangements avec les morts" que l'on a cru définitifs, quitte à faire éclater le vernis
des images d'Épinal un peu trop vite présentées à ses enfants, petits-enfants... et à soi-même
!
Et, pour l'avenir - et l'honneur de l'Humanité - réfléchir aux techniques à mettre en œuvre
pour
résister
individuellement à la bête humaine, encore et toujours...
AR ? Les cendres du paradis
Intéressant - plus par la forme que par le fond... mais agaçant aussi, par les redites qui n'ont
jamais dispensé de
développer
une histoire !
Dommage, il y avait du beau monde !
AR : Drôle de Félix
Sans conteste plus réussi que le précédent -
et
pas parce qu'on échappe
à la
comédie musicale !
Une histoire à l'eau de rose, au bon sens du terme, optimiste et... très gay !
AR : Genêt à Chatila
Des couleurs, avant tout, des couleurs splendides...
La "reconstitution" des voyages de Genêt au Moyen-Orient a quelque fois ses limites, comme
la recherche de
témoignages
dix-sept voire trente années après...
Mais le film s'appuie avant tout sur ses écrits qui, comme quelques images d'époque nous
rappellent que la bête
humaine
n'est pas l'apanage d'une seule idéologie !
AV : Heavy metal
(F.A.K.K.2)
Bien fichu pour ce qui est des scènes spatiales ; pour les autres c'est inégal - un manque de
moyens ?
Et puis, quitte à faire Heavy metal, on aurait pu en rajouter au niveau sexe : après
tout,
en dessin animé on
peut
aujourd'hui (presque) tout faire !
AR : Le labyrinthe des rêves (Yume no ginga)
On ne peut pas dire que le choix esthétique du noir et blanc va beaucoup aider nos yeux
d'occidentaux à différencier
les
différents protagonistes de cette histoire qui, du coup, mérite bien son titre !
C'est dommage ; mais une deuxième vision devrait permettre de s'y retrouver...
AV ! Libres comme le vent (Tumbleweeds)
Bien qu'une histoire similaire ait été racontée récemment, il ne
faudrait pas manquer
celle-ci : la
mère et la fille sont toutes les deux formidables !
Savoureux... comme le café ?
AV : Scream n°3
Plus parodique qu'horrifique, mais la musique assure le suspens...
Et, en guest stars, ici et là : Kelly "Melrose place" Rutherford, Parker
Posey,
Jay & Silent "Dogma" Bob...
AR ? La tranchée
Manque de grands horizons pour un auteur amateur de tropiques - mais il est moins coûteux
de décrire que de filmer
!
Plus "théâtre", alors ?
Formellement, peut-être ; mais rappelons que le théâtre doit aussi savoir innover, faire bouger
les choses : bref, faire
avancer le schmilblick ! - on doute qu'ici ce soit le cas...
AV : La veuve de
Saint-Pierre
Bizarrement, ça prend.
On oublie trop souvent que la barbarie est souvent jacobine...
AE : Désirs humides (21 ouvreuses en scène)
Même à l'époque (1972), on doute que ce pur navet, mal monté (image, intrigue et son) et peu
convaincant ait pu
produire
quelque... humidité !
Plutôt revoir une pub de Dim, tiens !
AR ? Le rideau de Fusuma
Un rideau de fumée ?
Mieux monté (quoique toujours quelques coupures trop brusques) et sociologiquement moins
décevant - mais pas de quoi fouetter un(e) chat(te), érotiquement parlant !
semaine du 12 au 18 avril 2000 :
AV ? À l'attaque ! (Un conte de l'Estaque)
Plaisant, se laisse regarder, mais un peu réchauffé...
... et léger quant aux idées : dommage.
AV ? À tombeau ouvert (Bringing out the Dead)
Dans la série "histoires d'ambulanciers", se laisse regarder -
surtout pour Patricia
Arquette
!
Sinon, quant au fond, à la fin, au but de ce film, c'est à l'image de ses (trop ?) vieux scénariste
et réalisateur et de ce
qu'ils
auront appris tout au long de leur vie américaine : le néant.
AV ? Le ballon sorcier
Prend quelque temps pour trouver ses marques, mais tient ses promesses...
... sauf pour le foot, mais là n'est pas la question !
AV : Broadway 39è rue (Cradle
Will Rock)
Quand on pense qu'outre-Atlantique le syndicat (obligatoire et unique) des acteurs pouvait
(peut ?) leur interdire de jouer, on se demande si leur peur du communisme n'est pas un peu
hypocrite - avant de regarder la paille dans l'œil du voisin...
Brillant, foisonnant, (presque) maîtrisé.
Et, cerise sur le gâteau, le plaisir de retrouver Emily Watson dans un vrai rôle !
AV : Le chien du jardinier (El perro del hortelano)
Marivaudage, à Naples, au XVIIè siècle, en costume d'époques, en espagnol et...
en vers !
Délicieusement rhétorique...
AV : L'enfer du dimanche (Any given sunday)
Arrive à intéresser malgré le sujet, plutôt rébarbatif de ce côté de l'Atlantique : une gageure
!
Pas mal, pour un Oliver Stone...
AV ! Il était une fois Jésus (Miracle maker)
Plutôt que de subir le démagogique Jésus était son nom : le retour de Robert et de ses
marionnettes, ne
manquez-pas
cette vie de Jésus 100 % figurines animées - sauf pour les retours en arrière
et les paraboles, en dessin animé !
Pour petits et grands, athées et croyants...
AV : Là-bas... Mon pays
Un retour au pays, au passé qu'on avait enfoui, mais qui, trente ans plus tard, est réactivé par les "événements"...
Peut apparaître artificiel et simpliste - comme un vieux souvenir, qui s'accroche à la mémoire, et l'empêche de vieillir ! (air connu)
AV ? Le Prof
On s‘attendait au pire, c'est donc une (presque) bonne surprise, même si le réalisateur - qui se
croit aussi écrivain -
ne
sait
pas équilibrer thèse et antithèse !
En progrès...
AR ? Les solitaires
Un essai sur l'absence... l'absence de sa femme, dont on refuse la disparition, quitte à se refermer (comme le choix des cadrages) tragiquement sur soi-même, en dépit des mains tendues de son frère... et de sa voisine !
Et, finalement, justifiant le pluriel du titre : l'absence du frère...
Par un réalisateur que l'on ne saurait dire ne connaître... ni d'Ève ni d'Adam !
Stuart little
semaine du 5 au 11 avril 2000 :
AV ? Les acteurs
Le dernier bon film de Blier, c'était - et reste ! - Notre histoire, avec Alain Delon
(dont
c'était aussi le premier
bon
film - non, il avait aussi fait M. Klein !)...
Techniquement parfait, ce portrait de goitreux avec femme (Dominique Blanc) finit par
lasser,
la fin manquant
toujours
aux moyens pourtant conséquents développés pour... pour quoi ?
AR !
Amy
Délicieux, une idée originale qu'on ne vous révélera pas, bien sûr : courrez-y vite !
Dans le rôle de la mère, Rachel Griffiths,
qu'on ne
présente plus ; quant à la fille, Alana De
Roma : étonnante, tout
simplement - comme quoi, la valeur...
AE : Boys don't cry
... mais le spectateur, si !
Rien à dire quant à l'interprétation... mais c'est la réalisation qui pêche, du choix trivial d'une
actrice (ex-Beverly
Hills) au visage (rendu) peu féminin dans le rôle de "Brandon" (!), histoire de
bien faire comprendre aux crevettes roses qu'il préfère les filles, à celui du milieu
frustre et sous-développé
de
l'Amérique profonde dans lequel elle trouvera enfin l'amour, mais aussi - morale
puritaine oblige ! - "punition" : le viol et la mort par deux dégénérés, alcooliques et
consanguins, hélas par trop
répandus
outre-Atlantique - et pas qu'à la campagne !
Tiré d'un fait divers n'implique pas caricature et simplisme, mais au contraire finesse et
nuance
!
AV ? Double jeu (Double jeopardy)
Convenu, déjà vu, etc.
Une seule raison de se prêter à ce double jeu : Ashley Judd - ce qui est largement suffisant
!
AR ! Les enfants du ciel (Children of
heven)
Un autre film iranien, qui - régime oblige ? -
donne la
part belle aux enfants, encore et
toujours, qui pourront sans problème, étant
les
héros de cette "course
aux
chaussures perdues", supporter la
v.o...
... jusqu'au final, digne des Chariots de feu !
AV : La fidélité
Un très bon Zulawski-Marceau (et Pascal
Greggory !) aux couleurs
remarquables, qui aurait cependant gagné à être un peu plus resserré (2 h 45 quand même !),
et dont deux scènes (le
mitraillage
et l'attentat), un peu trop faciles, gâchent un peu...
Mais bon, cette Princesse de Clèves tient ses promesses... de fidélité !
AV : La fin d'une
liaison
(The end of the
affair)
Une adaptation réussie du roman homonyme de Graham Greene - l'écrivain anglais, pas
l'acteur amérindien !
En sortant, (re)lire le livre, et revoir le film, pour en goûter toute la saveur !
AE : No ordinary love
Très conventionnel, au contraire, comme la vague intrigue policière qui vient se greffer sur la
non-histoire de
personnages
trop caricaturaux pour qu'on s'intéresse à leurs émois, qu'ils soient dus à
l'acceptation de leur homosexualité ou à la prise de conscience d'une conversion/transfert
suite
à un deuil...
Du mauvais cinéma indépendant.
AR : Le personnel
Premier film de Kieslowski, mais déjà très pensé et habile - cela valait mieux dans la Pologne
de 1975 !
Et, juste avant, un documentaire de Walter Salles, Socorro Nobre, qui lui aussi est une
leçon de maîtrise, de
concision et de composition !
Pokemon, le film
AR ? Rats & rabbits
"Clippesque", musique et mouvements de caméras obligent !
Finit hélas par s'essouffler - la réalisation se relâche et le scénario s'effiloche :
dommage...
AR : Le retour de l'idiot
Cette fois-ci, il s'agit d'une chaleureuse adaptation d'un roman de Dostoïevski, ici
L'idiot...
Poétique en diable !
AR : Royal de luxe (Retour
d'Afrique)
Pour ceux qui n'avaient jamais vu le travail de Royal de luxe, c'est l'occasion à travers
ce reportage réalisé
lors
d'une tournée... au Cameroun !
Mais plus qu'un documentaire, c'est aussi à une rencontre entre deux cultures, la nôtre et celle
de l'Afrique noire, que
nous
sommes conviés ; et, à défaut de se comprendre, apprendre à se
connaître...
AR : Les sentiers du petit bonheur
... ce sont ceux qu'ont empruntés les habitants du village de Marthold, en Savoie, voulant
témoigner de la vie de leur
village
en 1910 ont reconstitué (à partir de photographies d'époques) lieux,
costumes et quotidien au début du siècle et, fort de leur expérience (plusieurs sons et lumières
et déjà trois pièces de
théâtres) se sont lancés dans la réalisation d'un film bien sympathique...
... et plutôt réussi, quoi qu'en disent certains critiques "professionnels" parisiens - mieux vaut
le journal ?
semaine du 29 mars au 4 avril 2000 :
AE : Ainsi soit-il
On ne voudrait pas tirer sur l'ambulance (ou sur le corbillard) mais on a cherché en vain
quelque intérêt à un scénario
aussi
simpliste que prévisible, quelque acteur (même amateur) qui sache (un
peu) jouer - mais il faut dire que les dialogues n'aident pas...
L'enterrement définitif de l'époque de la nouvelle vague, en somme... qu'il serait malhonnête
de
se le cacher !
AR : La candide Madame
Duff
Tourné en quatrième vitesse (as usual), mais s'appuyant sur du concret (une Série
noire), ce dernier
Mocky est plutôt réussi...
... et les acteurs tiennent la route, les lieux aussi, alors...
AR ! Les frères Falls (Twin Falls
Idaho)
Une réussite.
Ambiance, scénario, jeu : tout.
AV : La musique de mon cœur (Music of the heart)
Une histoire vraie qui, à l'écran, ressemble plutôt à un conte de fées - bref, pas vraiment
crédible !
Mais bon, c'est Hollywood...
AR ? Nos traces
silencieuses
Un documentaire sur ce que pourraient révéler - et qu'on a oublié, ou refoulé - les traces que
notre peau garde
d'anciens
traumatismes, et qu'il importe, pour notre avenir - notre honneur ! - de
conserver...
Une belle idée qu'on n'aura hélas pas su développer - certes en 57 mn ! - mais aussi par
paresse
: dommage !
AR ! Signs & Wonders
Quand, dans son travail, on est à l'affût des moindres signes du marché et qu'on est habitué à en tirer des... bénéfices, il peut arriver que, par déformation, on en fasse autant dans sa vie de tous les jours...
Et, bien que l'on refuse de se dire superstitieux, laisser sa vie suivre les signes que l'on croit voir, comme l'on croit en déterminer des relations, ça n'est pas vraiment du libre-arbitre !
Et si en plus, votre élève joue à votre insu le deus ex machina, vous n'êtes plus qu'une marionnette !
AV : Taxi n° 2
Un bon (mais court, il faut dire que cela va si vite !) moment en perspective...
... cela vaut mieux, pour tous ceux qui ne vont au cinéma qu'une fois par an !
AV : Une vie volée (Girl, interrupted)
... ou Vol au-dessus d'un nid de cocottes ?
Encore une histoire vraie, mais revue et corrigée par Hollywood : on perd en vérité, on gagne (?) en eau de rose, bons sentiments et happy end - mais qu'importe puisqu'il y a le toujours charmant minois de Winona Ryder (et Angelina Jolie) !
AR ! L'arrangement (The arrangement)
Du 100 % Kazan - une adaptation cinématographique de son roman... autobiographique ! - habilement servie par Kirk Douglas et Faye Dunaway... qui n'en fait pas !
Bref, il maîtrise le fond, et peut donc se consacrer à la forme : il joue ainsi avec habileté des retours en arrière, même s'il aurait pu éviter cette affreuse moustache qui marque le héros d'avant la crise - sans doute destinée au public de crevettes roses hollywoodien !
semaine du 22 au 28 mars 2000 :
AV ! Bulworth
Une critique pleine d'humour (et de rythme !) de la politique aux États-unis qui, bien évidemment, fit grincer des dents outre- Atlantique...
Tant pis pour eux, et tant mieux pour nous, d'autant que ce sacré Warren Beatty a toujours aussi bon goût - cf. cette fichtrement Belle Harry - Yo, therbro !
AE : Les cendres d'Angela (Angela's ashes)
Un beau titre, une belle affiche ; quant au reste, on baigne (2h28 !) dans un misérabilisme navrant, où, par exemple, Emily Watson en est réduite à tenir dans ses bras de temps à autre un nouveau bébé irlandais - il faut dire qu'en ces temps et ces lieux, ils ne faisaient pas de vieux os...
Bref, c'est chiant - mais c'est, paraît-il, (mal) adapté d'un bestseller...
AR ! Garage Olimpo
En attendant que le Chili fasse l'inventaire des années Pinochet, le cinéma argentin, lui, retrouve peu à peu les mots pour parler des siennes...
Ici, pas vraiment d'hippopotames pour Maria, mais plutôt des crocodiles !
Les "garages" Olimpo de l'Argentine du - entre autres, hélas - Mundial 78 : la part du diable, probablement...
AV ? Hurricane Carter
Un peu lent, surtout au début ; mais heureusement cela s'arrange...
... même s'il vaut mieux que Bob Dylan ne vous dédie pas une chanson !
Plus de 30 ans pour qu'un innocent condamné sur de faux témoignages soit libéré, cela donne
une image plutôt
inquiétante
de la justice dans le New Jersey...
... encore qu'il semble que la peine de mort y soit abolie : c'est heureux - même si le film
aurait
sinon gagné en
concision
!
AV ! Nadia et les hippopotames
Pas d'hippopotames (ni de dinosaures, d'ailleurs !), mais une légèreté qui confine à la grâce, et des personnages qui vivent, tout simplement, et - heureusement ! - en aucun cas en voie de disparition !
Des moments extraordinaires (surtout en regards et silences), une sensibilité que, décidément, sait maîtriser la réalisatrice et la toujours lumineuse présence de Maryline Canto qui éclipse même la bombe Ariane Ascaride : probablement l'œuvre de Dieu... au féminin !
AV : L'œuvre de Dieu, la part du diable (The cider house
rules)
Bizarrement, c'est cette adaptation d'un roman à l'écran qui est la plus réussie, cette semaine -
je dis bizarre, car les
adaptations des romans de John Irving, souvent foisonnants, n'ont pas toujours
été réussies...
Mais l'auteur ayant adapté lui-même son roman, il a su élaguer : une réussite, donc, et un bon
moment (2h11) qu'on
ne sent
pas passer !
AV ? Pan Tadeusz (Quand Napoléon traversait le Niémen)
Suffisamment dépaysant pour éveiller l'intérêt, qui, hélas, ne pourra se maintenir pendant les
2h05 du film...
Car cette adaptation d'un poème fleuve souffre de la forme retenue ; en effet, soit on décide
d'utiliser pour les
dialogues les
vers du poème, auquel cas on se contente de les "illustrer" avec
simplicité pour que le verbe garde toute sa force et sa beauté, soit on met en route la grosse
machinerie des films
d'époque,
avec costumes, figurants, batailles, etc. mais alors on adapte les
dialogues de façon à ne pas surcharger l'image et ses travellings du texte : mais les deux, cela
devient indigeste !
AV : Un dérangement
considérable
... et un plaisir non moins considérable !
Où Jalil Lespert confirme qu'il est un sacré bon acteur, et Mireille Perrier... mmm !
On en aimerait presque le foot, tiens !
semaine du 15 au 21 mars 2000 :
AR ? La coupe (Phörpa)
... ou le bouddhisme à la rencontre du football - preuve, s'il en était, que le crétinisme est
universel !
En juillet 1998, à Avignon, il y avait des Shakespeare au programme... mais ils
n'étaient pas retransmis en
Mondiovision !
AV : Cybertr@que (Takedown)
Une chasse à l'homme - pardon, au hacker ! - au gré des "mobiles" et des réseaux
"sécurisés"...
Ce jeu du chat et de la souris avec le FBI, toujours en retard... d'un e-mail, est bien
plus réussi (et plus
intéressant !)
que l'histoire - elle aussi véridique - précédemment portée à l'écran, d'un
trader...
Mention spéciale pour Skeet Ulrich qui joue Kevin Mitnick - et pas uniquement pour son air
à
la Johnny Depp !
AV : Elmo au pays des grincheux
Après le récent muppets, c'est au tour
d'Elmo de passer au
grand écran...
Essai concluant, bien que l'on aurait aimé ouïr Vanessa Williams en version originale - mais
le
doublage des
chansons
n'est
pas mal...
AR ? Gouttes d'eau sur pierres brûlantes
Ce n'est certes pas la meilleure pièce de Fassbinder - ni la plus connue !
Alors, pourquoi celle-ci plutôt qu'une autre, même plus difficile : Qu'une tranche de
pain, Liberté à
Brême,
Anarchie en Bavière, voire Du sang sur le coup du chat ?
Une éventuelle déception eût été plus excusable : à l'impossible nul n'est tenu !
AR : Guinevere
Un pygmalion assez bien fichu à la fin un peu bâclée...
Enfin, la qualité des interprètes (Sarah Polley et Stephen Rea) justifie largement le
déplacement !
AV : L'homme bicentenaire (Bicentennial
man)
De l'invention du robot, a priori immortel mais aussi insensible, et de son évolution
progressive quant à sa
capacité
d'éprouver des sentiments - mais aussi vers la mortalité : deux cents ans pour
finalement (re)découvrir que l'amour est plus fort que la mort... en sautant une génération
!
La mise en scène aurait gagné à être un peu plus resserrée - c'est qu'il ne s'agissait pas de
l'homme
bimillénaire
!
AE : Le libertin
Lourd, vulgaire, mais surtout bête... de A à Z !
Navrant pour les bons acteurs qui s'y sont fourvoyés - mais prévisible quant au titulaire du
rôle
titre...
AV : Man of the moon
Orbital !
Ne pas manquer.
AR : The million dollar hotel
Voilà un million qui remet (artistiquement) en course un Wim Wenders qui avait quelque peu
chu, ces derniers
films..
Et une performance d'acteur remarquable de la part de Jeremy Davies, fallen angel
?
AV ! Personne n'est parfait[e] (Flawless)
... mais à partir du moment où on le sait, on voit les choses tout autrement !
Un seul regret : que certains rôles secondaires (Daphne Rubin-Vega et la Reine - pour la
troisième année de suite ! -
des
drag- queens) n'aient pas été plus développés - Robert De Niro et Philip
Seymour Hoffman obligent ?
AV ! Révélations (The
insider)
Efficace, à la manière d'Al Pacino, qui fait... du Al Pacino !
Mais surtout une vrai révélation : Russell Crowe dans sa performance de... l'ulcère
!
AV : Scènes de crimes
D'une banale disparition aux traces d'un tueur en série, une froide et clinique évocation du
quotidien de deux
inspecteurs de
la criminelle (Charles Berling et André Dussollier)...
Ni but ni "message"... mais se laisse regarder !
AV : Il était une fois en
Chine
Le premier western-spaghetti euh... eastern-baguettes d'une saga épique en six
épisodes, réalisée et
produite par Tsui Hark...
Cinémascope et grands-angulaires de rigueur pour cette friandise déjantée made in
Hong-Kong, pleine
d'humour et de... rebondissements !
AV : La secte du Lotus blanc
La suite des aventures des héros d'Il était une fois en Chine, en prise, dans cette
époque troublée, à la montée
de la xénophobie et à la tentation du repli sur soi...
Drôle et... décoiffant !
semaine du 8 au 14 mars 2000 :
AV : Cotton Mary
Dès lors que l'on a su prendre toute la mesure - par empathie - de cette fatigue visqueuse qui a
laissé sans défense et
quasi
inerte une Greta Scacchi épuisée par un accouchement difficile, la
chaleur de l'Inde peu naturelle aux Anglais, et, plus ou moins inconsciemment, blessée par un
mari lorgnant vers un
Out
of India, on conçoit l'indigence de son sein, indigence qui servira de point
de départ à cette Cotton Mary, Anglo-Indienne qui essaiera d'échapper à sa condition,
déterminée, au pays des
castes, par sa
naissance - mais aussi par la couleur de sa peau de métisse !
Le réveil de l'une sera aussi celui de l'autre, et la fin du rêve de chacune : rêve d'une famille,
rêve d'une
position...
AR ! Elle et lui au 14èétage
J'imagine ces "critiques professionnels" qui, parce que le film a été tourné en noir et blanc,
parce que la réalisatrice
interprète aussi le rôle principal de son film, parce qu'il a un parfum
autobiographique, parce qu'il n'est pas tourné à Paris, etc., oubliant la première (et la seule)
règle du critique : savoir
re-gar-der, préparent déjà dans leur tête (?) les quelques lignes lapidaires
que leurs lecteurs liront d'un derrière distrait avant - hélas ! - que de rester chez eux et de
visionner la dernière K7 de
Larme fatale #99...
C'est dommage...mais vous pouvez (encore) choisir d'agir plutôt que de subir, de regarder
plutôt que de visionner,
de
ressentir, réfléchir et vous faire votre propre opinion plutôt que de... lire les
critiques !
NB : cherchez un point commun avec Passeurs de rêves, sorti la même
semaine...
AV : La fausse suivante
Une adaptation vivante de la pièce de Marivaux, en costumes, au théâtre, mais sans décors...
ni public !
Un petit bémol quand même quant au rythme : le texte nous est souvent trop vite servi pour
qu'on ait le temps de
l'apprécier
pleinement - dommage...
AR : Hubert Selby Jr, 2 ou 3 choses...
Documentaire, certes, loin d'être exhaustif - mais ce n'était pas le but recherché...
Ici, la personnalité et les qualités de synthèse de l'auteur de (entre autres) Last Exit to
Brooklyn font de cette
quinzaine de jours d'entretiens in situ une bonne surprise qui donnera envie de
découvrir (ou d'approfondir sa connaissance de) ses écrits... sous Beethoven !
NB : à L'Épée de Bois, en début de séance, à 21 h 30, lecture de quelques extraits de Last
Exit...
AR ? Kiemas (La cour)
Des tranches de vie de différents personnages, habitant dans le même hôtel particulier plutôt
défraîchi...
Cadrages serrés, peu de dialogues (lituaniens !), plutôt lent et pas vraiment d'intrigue, genre
un
mari qui trompe sa
femme,
mais après que celle-ci, trop "aguicheuse ", ait été abusée par d'autres
hommes...
AR : M/other
La remise en question d'un couple (non marié) suite au séjour imprévu (mais temporaire) du
fils du précédent
mariage de
monsieur...
Intéressant, malgré la longueur (2 h 27) et la fixité du cadrage ; mais des éclairages un peu
moins chiches n'auraient
pas été
du luxe !
AV : Nag la bombe
Plaisant, surtout pour les acteurs...
... ou alors, aBORDER le scénario comme un conte - plutôt que lorgnant sur le réalisme
!
AR : Passeurs de rêves
... et de réfugiés kurdes, à qui il ne reste guère que ceux-ci !
Bien que plus récent, un prélude peut-être plus âpre, plus tragique mais aussi plus touchant, plus mature à la mariée...
AV : Les savates du Bon Dieu
Un conte qui - Dieu me savonne ! - renouvelle heureusement le genre du
docu-banlieue-analphabétisme-délinquance...
Jouissif et esthétique, mais aussi... "réflexigène" !
AV ? Le talentueux M. Ripley (The talented
Mr Ripley)
Trop encensé par avance, si bien qu'on a été un peu déçu : on attendait plus de rythme, plus de
machiavélisme - ou
de
rebondissements...
Enfin, pour le réalisateur, il y a du progrès
!
AV : The wood
Lors du mariage d'un d'entre eux, trois copains se souviennent de leur première rencontre au
collège, à
Inglewood,
quartier de L.A., en 1986...
Black comédie, très propre sur elle, hélas en version doublée - mais bon...
AV : Gun crazy (Le démon des armes)
Mieux que Bonnie and Clyde ou autres Kalifornia qui lui succédèrent (où le
fond - s'il y en a un ! - est
noyé
de guns et d'hémoglobine) car illustre d'abord assez bien les fatales attractions des
pink shrimps pour les armes, puis bascule en un road movie d'anthologie qui
fit
des émules - dont un
assez
bien réussi...
Ne pas manquer, donc.
semaine du 1er au 7 mars 2000
:
AR ? L'arche de Noé
Un moyen métrage (57 mn) dont le scénario aurait gagné à être développé - ou donner lieu à
un court, comme celui
proposé en complément de programme, Ici-bas, du même réalisateur.
Sans prendre l'eau, cette "arche" reste quand même du niveau d'un travail de fin de stage -
dommage...
AR : Demain, je brûle
...ou Cahiers de retour au pays natal, non pas après avoir réussi dans
l'Eldorado-France, ni suite à une
expulsion,
mais pour y mourir, au cimetière des éléphants - aux couleurs décrépies du
quartier de La Goulette, à Tunis...
C'est l'occasion de revoir ceux qui sont restés : ceux qui s'y sont fait, ceux qui n'y croient plus
et ceux qui espèrent
encore...
AV : Le goût des autres
... ou comment on peut finir par apprécier quelqu'un(e) d'un autre milieu que le sien - un
espoir
pour la carpe et le
lapin
!
Rien à dire de plus : le reste n'est que littérature, et le bonheur, ça ne se discute
pas...
(ou peut-être que Bérénice a une fille qui a récemment joué une muse... orpheline
!)
AV ? La ligne verte (The green mile)
Encore une (longue) histoire de couloir de la mort dans un pays barbare qui, encore
aujourd'hui, risque de porter un
assassin à sa tête - ou, du moins, à l'investiture républicaine !
Enfin, cela s'arrange un peu quand, selon son habitude, Stephen King oblique vers le
surnaturel
; on regrette -
mollement -
cette facilité mais on rentre dans le jeu, jusqu'à la fin, où, pendant le
générique, on se dit que décidément il est déconseillé d'être noir et américain quand bien
même
que l'on serait
innocent... et
guérisseur !
Lola et Bilidikid
AV : Magnolia
Pas for ever, mais bien pour 3 heures !
Continuels et superfétatoires mouvements de caméra, musique quasi-omniprésente : cela ne
nous apparaît pas
nécessaire au
bon déroulement du film dont, à l'opposé du mauvais Short cuts,
l'interaction entre les différents protagonistes n'est pas artificielle mais
pensée,
scénarisée, et résolue dans un final... à la française ?
AR : Le mystère Paul
Après un essai (réussi) sur Abraham, voici
un
autre
"documentaire-enquête"
sur ce que fut réellement l'apôtre Paul (cf. Chemin de Damas) en suivant Didier Sandre, à
près
de vingt siècles de là,
sur la trace de celui qu'il convient d'appeler le premier missionnaire...
Chaque interviewé-spécialiste évoquera, selon ses convictions - et sa confession ! - sa vision
de celui qui, le premier,
a porté
le message du Christ aux païens...
AR ? Le petit voleur
Pas trop long (1h03) - le scénario n'aurait pas permis plus !
Un honnête travail de fin d'études... ou téléfilm !
AR : The shade
D'après Douce de Dostoïevski : à regarder comme une mise en scène d'une pièce de
théâtre classique, c'est à
dire,
puisque l'on connaît l'histoire, voir ce que nous propose le réalisateur.
Et c'est bien fichu : l'ambiance très huis-clos, la lumière froide et/ou nocturne, une impression
de froid
quasi-permanente et,
last but not least, une interprétation sans faille !
AV : Une carte du monde
... ou plus exactement celle d'une île merveilleuse (qu'elle avait dessinée quand elle était petite) et vers laquelle, aujourd'hui, maman (Sigourney Weaver) au bord de la crise de nerfs voudrait bien s'échapper !
... à moins que la prison...
AV : La vie moderne
Trois histoires parallèles qu'il n'est pas nécessaire de faire se rejoindre - même pour une suite ! - et qui, en aucun cas, ne sauraient nous laisser sur notre faim !
Le plaisir, lui non plus, ça ne se discute pas...
Musashi (La pierre et le sabre)
Japonais, de 1954, se déroulant au XVIIè siècle : oui, mais universel !
AV : 1 / La légende de Musashi :
Musashi - Je dois partir...
Otsu - Attends-moi !
Musashi - Mais, tu me hais !
Otsu - Autrefois...
Musashi - Tu ne seras pas heureuse avec moi...
Otsu - Nous sommes seuls...
AV : 2 / Duel à Ichijoji
Bizarrement plus complexe que le précédent, avec plein d'intrigues croisées (maintenant que l'on connaît à peu près tous les personnages), et que le troisième qui reprend le thème du duel sans cesse différé...
NB : je n'entends rien au go, mais je sais qu'aux échecs, c'est le milieu de la partie qui est le plus complexe !
AV : 3 / La voie de la lumière :
Pour le dernier quart d'heure, et, en particulier, le fameux duel au sabre sur fond de soleil... levant !
semaine du 23 au 29 février 2000 :
AR : Courts métrages d'animation des frères Quay
à savoir : Stille Nacht I-IV (1998/93), La rue des crocodiles (1985), Répétitions pour des anatomies défuntes (1987) et Le peigne (1980)...
Pour curieux !
AV : Forgotten silver
Vrai documenteur, faux documentaire : sur le (dangereux) pouvoir des images !
NB : en première partie, quelques courts documen... teurs !
AR : Institut Benjamenta (Institute Benjamenta, or This Dream People Call Human Life)
Inspiré du livre de Robert Walser, mais traité à la manière des frères Quay !
On sera moins dépaysé si l'on a déjà vu leurs courts métrages...
AV : Le journal d'Anne Frank
Une bonne manière de lutter contre d'éventuelles solubilités de la mémoire...
... des parents, grâce aux questions de leurs enfants, à la sortie du film !
AR : Love me
On y est allé en traînant un peu les pieds, ayant été déçu par le précédent, mauvaise redite du premier - et réussi - long métrage Masson/Kiberlain : En avoir (ou pas).
Mais une fois la pilule des premières minutes avalée, on se rend compte qu'il s'agit d'autre chose : toujours une quête, certes, mais cette fois-ci beaucoup plus rose (!) et onirique que les précédentes, ancrées dans la réalité... et le gris !
Certes, il y a des longueurs, des maladresses et des redites qui auraient sans doute pu être évitées si la réalisatrice avait pu retravailler le premier jet après avis d'un regard extérieur ; il n'en demeure pas moins quelques moments de grâce(land), et comme un parfum d'un Wim Wenders de la belle époque...
Quant aux acteurs, une petite préférence (personnelle) pour les bruns : un Johnny relooké qui serait parvenu à pied par la Chine (!) et une Anh Duong sensuelle en diable !
AV : La nuit des chauve-souris (Bats)
Très classique, mais efficace : ne boudons pas notre plaisir, avec ici des chauves-souris (au faciès de bulldog !), pas vampires pour deux sous puisqu'elles sont... (h)omnivores !
Et bien sûr, une jolie doctoresse - pardon, "chiroptérologue" - Dina Meyer : à suivre...
AV ? Les rois du désert (Three kings)
Intéressant, ce que ni l'affiche, ni les titres (VF et VO) du film pouvaient laisser présager !
Mais brouillon quand même (on pardonne), et un peu trop idéologique (on aime moins)...
AR : Voyage au bout de l'enfer (Deer hunter)
Trop long (3h03) et/ou trop étasunien pour être revu...
... mais pour découvrir, OK !
semaine du 16 au 22 février 2000 :
AV : Le dîner (La cena)
Al dente !
Peut-être désabusé, mais tempus fugit, Maestro!
AE : La plage (The beach)
Le paradis perdu serait (bien évidemment, caché - donc d'accès restreint) terrestre, et
prendrait
la forme d'une île
thaïlandaise (plantations d'herbe oblige !), ses "élus" y vivraient (pratiquement)
en autarcie et veilleraient jalousement à leur secret...
Propret, édulcoré, fade et superficiel : on est très loin de Sa majesté des mouches : on
navigue plus dans les
eaux du
Lagon bleu avec un zest de Rambo - bref, on c(r)oule (sous le ridicule) !
Mais si l'on remarque qu'il s'agit de l'adaptation d'un best-seller, étasunien de surcroît (donc
s'adressant à une
majorité de
crevettes roses), le film est, de ce point de vue, particulièrement réussi.
... et Virginie Ledoyen a toujours un bon agent
!
AR : License to live
Un jeune homme se réveille après dix ans de coma, de 14 à 24 ans...
Mais il s'agit plus d'un prétexte - le problème de la réadaptation à un corps qui a vieilli de dix ans n'est pas le sujet du film - pour une interrogation sur la difficulté de se concevoir un avenir dans un Japon qui, lui-même, ne sait pas où il va...
Donc, à l'opposé des plus psychologiques Cure et Charisma : peut-être moins réussi mais toujours porteur d'un même malaise...
AR ? Le village de Nadya
Nadya a huit ans, elle est biélorusse et si sa famille est restée dans leur village fortement
contaminé par l'accident de
la
centrale de Tchernobyl, c'est parce que la nourriture coûte moins cher
quand elle provient de son potager...
Le problème, c'est que (du moins pendant les "saisons" du tournage !) il n'y a apparemment
aucune nuisance
occasionnée
par la radioactivité, à croire que le film a été sponsorisé par la COGEMA
- ce qui est pour le moins étonnant de la part d'un cinéaste Japonais : s'agit-il d'une nouvelle
forme de révisionnisme
?
Bref, on donne dans le bucolique, le "c'était mieux avant"...
... enfin, dans un monde rural que le communisme n'aura que trop longtemps maintenu à
l'écart
- et que ses
décombres
continuent à oublier !
semaine du 9 au 15 février 2000 :
AV ? 20 dates
Pas indispensable, mais plus drôle et apparemment plus successfull qu'une agence
matrimoniale...
... à condition de savoir s'arrêter !
AV ? Carnivale
Un dessin animé dont le seul défaut serait dans le découpage qui nuit au rythme et risque de
faire perdre le fil de
l'intrigue
aux tout- petits... ou aux parents qui auraient - un instant - tourné la tête !
Dommage...
AV : Charbons ardents
Un documentaire, non pas tant sur les mines (ni ses fanfares !) que sur
un
exemple réussi d'autogestion dans un pays pourtant peu réputé pour son modèle social !
Exemple à suivre - mieux, à développer !
AR ! Comedia infantil
L'histoire d'un jeune garçon qui, fuyant la guerre qui vient de ravager sa famille et son village
du Mozambique,
échoue
dans la capitale...
Cela pourrait - hélas ! - n'être que banal, mais, au fur et à mesure du parcours et des
rencontres de cet enfant
"prétexte",
l'intérêt pour ce qui apparaît de plus en plus comme une quête croît comme
elle se charge de symboles - dont, en définitive le moindre ne serait pas celui du voyage
effectué par un certain
Nazaréen né
un couple de millénaires plus tôt !
Bref, un film riche et fécond...
AE : Dérapages (Broken
vessels)
Assez de films sur la drogue !
Les acteurs, la technique, OK ; mais le scénario - des ambulanciers qui se shootent - marre
!
AV : En face
L'ambiance, l'ambiance avant tout !
On a aimé - n'en déplaise aux critiques qui préfèrent les étiquettes et les a
priori...
AE : Salsa
Manque de danse (beaucoup), de musique (un peu), et (surtout) d'un scénario plus resserré :
bref, manque d'épices
!
Dommage, car Christiane Gout - aux faux-airs de Maruschka Detmers - méritait un autre
Flashdanse...
AE : Sleepy Hollow (La légende du cavalier sans tête)
Une merde pseudo-historico-fantastico-policier consensuelle, sorte de Nom de la Rose raté mais que la critique de l'establishment va évidemment encenser...
Se contenter de la bande annonce (plus complète que le film) ou revoir Beetlejuice !
AV ! Voyous voyelles
Pour Audrey, Olivia... et Axelle, jeune et délicieux gang féminin du quatre-vingt-treize !
Un film coloré... comme les voyelles de Prévert !
AV : Le pirate (The pirate)
De 1947, kitsch, pas éblouissant, mais bon...
Pour le minois de Dorothy - euh, de Judy Garland, et toute la gouaille de Gene Kelly !
semaine du 2 au 8 février 2000 :
AR : 1999 Madeleine
Un film porté par une (grande) actrice (Véra Briole) qu'on n'aurait pas reconnue (cf. Pigalle !), mais aussi particulièrement réussi par le réalisateur de l'éprouvant Select Hotel et du jouissif Zonzon, ici dans une veine plus calme... mais toujours étouffante !
Ne pas manquer.
AV ! American beauty
... ou quand le milieu WASP hyper coincé éclate, en voulant - enfin - s'éclater !
Un Happiness hollywoodien, en quelque sorte, donc moins grinçant, plus convenu, mais qui ne manque cependant pas d'humour, de maîtrise... et vaut largement le détour !
AR ! Belles à mourir (Drop dead gorgeous)
Si l'on se demande au début (ça pourrait bien être un vrai documentaire !) si l'on est en
présence de lard ou de
cochon, on
est vite rassuré par la sauce, bel et bien au vitriol de cet "éloge" de
l'american (beauty) way of life !
Décapant, donc...
AR :
Compagne de
voyage (Compagna di
viaggio)
... ou, finalement, la rencontre de deux générations (Michel Piccoli et Asia Argento), hélas devenue trop rare en nos
latitudes !
Redonne un sens au verbe regarder...
AV : L'extra-terrestre
... c'est Didier Bourdon, la jolie - mais lonely - terrienne c'est Pascale Arbillot, et deux
robots, dont un gentil
-
Bernard Campan !
Plaisant, tout public - bon pour les vacances !
AV ! Fish and chips
Au Royaume-uni, pendant les années soixante-dix : Pakistan,
2nd generation
!
Drôle - non : hilarant, forcé, voire caricatural - bref, too much !
AR ? Marie, Nonna, la vierge et moi
Aurait mieux "donné" sous forme de plusieurs courts, programmés de-ci, de-là en deuxième partie de soirée sur Arte - où il fut programmé (en troisième partie de soirée !) et dont la fin, attrapée par hasard, m'avait accroché...
Sinon, des images souvent quasi-monochromes - un parti pris plus vidéaste que cinématographique, à mon avis !
AV : Toy story n°2
Dans la veine du précédent, avec les progrès de la modélisation et une Jessie à la Calamity Jane en sus, mais toujours le positionnement marketing "global" : les nouveaux et les anciens jouets sont représentés !
Le prochain Toy sera parfait...
AV : Carrie
Quand même mieux sur grand écran qu'à la télé !
N'a presque pas vieilli...
AV ? Oliver Twist
Une ambiance et une lumière très sombres, mais qui n'empêchent pas les clichés !
Et une impasse totale sur tout ce qui aurait trait à la sexualité : prostitution, viol, pédophilie - sacrés anglais !
AV : Le point de non-retour (Point blank)
Bien fichu (sophistiqué, même - surtout dans le premier tiers) pour un film étasunien (de 1967 il est vrai : la MGM, c'était mieux âââvant !) avec Lee Marvin et Angie Dickinson...
Bref, il n'était pas nécessaire d'en refaire une (mauvaise) adaptation plus récente !
semaine du 26 janvier au 1er février 2000 :
AR ? Accords et désaccords (Sweet and lowdown)
Ce n'est certes pas une œuvre majeure de Woody Allen, qui a plus cherché à se faire plaisir (le jazz !) que d'innover comme il sait - savait ? - faire...
Mais bon, on se consolera au soleil de l'adorable frimousse de Samantha Morton, qui, si elle ne parle pas... mange !
AV : Anna et le roi (Anna and the King)
Beau, sans sacrifier à l'intrigue qui mêle habilement aventure, histoire, politique, féminisme, ouverture, éducation ... et amour, bien sûr !
Et chacun y trouvera son compte...
AR : Barbecue Pejo
Pour un premier film écrit, réalisé (au Bénin), interprété et... produit par Jean Oudatan, sans
un être un coup de
maître, c'est
assez réussi ; au-delà des maladresses et de l'humour (qui pourrait
sembler caricatural) il y a des bonnes choses de dites, qu'il faudrait développer...
... dans un prochain film ?
AE : Bone collector (The bone collector)
Encore une histoire de meurtres en série, où bien sûr les seuls indices sont ceux que l'assassin
a
façonnés (!) tout
exprès à
l'attention du NYPD pour l'inévitable jeu de piste, ici trop alambiqué
pour que l'on accroche vraiment - sauf fans d'Angelina Jolie...
... ou de Denzel !
AV : Ciel d'octobre (October sky)
... où comment nos camarades soviétiques, grâce à leur spoutnik, plus que le fameux rêve
américain, auront permis à
un
jeune américain d'échapper à sa ville natale et à ses mines - déjà très
World Company !
Lancement réussi, donc...
AR ? L'immeuble (Chung
Cu)
Impressions d'un Viêt-nam d'après-guerre, à travers des souvenirs de la maison jaune
-
pardon, d'un
immeuble
(ex-hôtel de luxe réquisitionné) et de ses habitants...
Une illustration de la sélectivité de la mémoire, qui préfère retenir les belles images et se
débarrasser des autres
!
AV : La maison de l'horreur (House of
hunted hill)
Autrement plus réussi qu'un précédent !
On regrettera cependant des images de synthèse particulièrement illisibles (inutiles ?) - au
contraire de la qualité des
effets
spéciaux du susnommé !
Et une interprétation de Sweet dreams très... nightmare !
AR ? Le monde de Marty
Ne devrait pas, quant au personnage de Michel Serrault, poser de problèmes de doublage à
l'exportation...
Reste à savoir qui achètera ce qu'il convient hélas d'appeler un téléfilm, sans surprise et déjà
diffusé n fois
aux
heures de grande écoute (!) ... sous d'autres titres !
AV : Princes et princesses
Six contes qui forment un (vrai) tout, et plusieurs niveaux de lecture - donc pour 9 à 99 ans
!
On objectera juste pour la forme quant aux ombres chinoises - budget limité oblige !
AV ? Propaganda
Non pas russe, mais turc - ce qui n'oblitère pas pour autant l'absurdité d'une application
aveugle de la loi - de la
capitale -
par des fonctionnaires zélés, plus prompts aux rapports que compétents !
Drôle et dépaysant, quoiqu'un peu long...
AR : Une femme d'extérieur
...c'est cette "ouverture" au monde que peut choisir une femme jusque l'à "d'intérieur"
(Cuisines & dépendances
?),
quand elle découvre brusquement que son mari la trompe : le choc est rude !
Bref, un voyage jusqu'au bout de la nuit, peut-être un peu long, mais sans doute
justifié
: on n'efface pas d'un
coup
treize ans de vie commune - si tant est qu'on puisse jamais les effacer...
Reste une question : est-ce que notre conjoint(e) doit nécessairement nous faire passer à côté
d'une partie de notre
vie ?
AV ? Vive nous !
De bons acteurs : pêche plus au niveau histoire(s) et réalisation...
Certes, on comprend l'état d'esprit de la réalisatrice-interprète, on l'accepte comme elle est ;
mais on regrette qu'il lui
ait
manqué un regard extérieur...
... il est vrai qu'un conseil à la DSK grève vite un budget !
AR : The war zone
Très bien joué et réalisé : une gageure pour un sujet aussi difficile !
De la difficulté de communiquer, de dire l'indicible, ce qui n'existe pas - ne devrait pas
exister...
semaine du 19 au 25 janvier 2000 :
AV : Buenos Aires
vice
versa
Au début, il s'agit plutôt du côté "vice" : les couples se font, se cherchent, se défont ; il y a la
ville, il y a de l'humour
- la
vie, quoi !
Puis, une fois qu'on a appris à reconnaître les principaux personnages de cette comédie
humaine, le passé - le
"versa" - va brutalement dévoiler les marques profondes qu'il leur a infligées,
directement ou indirectement : la torture, la peur, le meurtre que l'on voulait, par consensus,
nier,
réapparaissent...
C'est très bien fichu, tristement d'actualité (bien que présenté à Cannes en 1996) mais non
sans
espoir : plutôt
qu'oublier,
ces Argentins blessés pourront faire leur deuil et repartir vers des
lendemains... qu'ils sauront bien faire scintiller !
Et si, en France, la collaboration avait duré trente ans - et durait encore ?
AR : Bullet ballet
Suite au suicide (par balle) de sa fiancée, le héros de ce "ballet", dévalisé et molesté par un gang de jeunes voyous tendance no future, part à la recherche d'un revolver pour se venger...
Mais quand on n'est pas de la partie (ni résidant des États-Unis !) trouver une arme - et s'en servir - est une vraie gageure !
Un film noir (et blanc), à l'image contrastée et saccadée, celle d'une violence urbaine hélas trop réelle - bien que dispensée par une génération élevée (?) au virtuel !
AV : Cours toujours
... ou les mésaventures d'un jeune papa juif (mais pas trop), pianiste pour bar-mitsvas, va-nu-pieds en quête d'un lopin de terre (!) dans un Paris en pleine effervescence pour cause de JMJ !
Bref, un cocktail explosif qui tient ses promesses !
AV : Dogma
Une réussite, du scénario (bien pensé) à l'interprétation (une pléiade de vedettes !) en passant par les effets spéciaux...
Précisons quand même qu'il ne s'agit pas d'un dogme, ni quant au fond (cool, J-P, Elle a de l'humour !) ni quant à la forme - désolé, Lars !
AE : Épouse-moi
Même avec Michèle Laroque et Audrey Tautou, on est désolé, mais on ne signera pas le livret de famille !
Gnangnan dès les premières minutes, cette variation de et si ?, et si ? n'attend pas la première "bifurcation" pour lasser un spectateur qui s'est peut-être déjà endormi !
Des inconvénients des achats de scénarios "à la mode" sensés générer mécaniquement des recettes...
AR : Maïa
Entendez Maïa Plissetskaïa, danseuse étoile du Bolchoï, et résistante toute sa vie !
Un documentaire haut en couleurs dont le seul défaut serait peut-être de trop rares extraits de ballets par rapport aux interviews, mais bon : quand on aime, on ne compte pas !
AR : Mamirolle
... c'est le nom d'un village du Doubs, qui, vous le savez, comme son nom ne l'indique pas, reste le département le plus froid de France...
Mais le froid n'a jamais empêché les sentiments, pas plus que la maladie - même si le corps, blessé, peut (parfois) en contrarier l'expression !
Qu'importe : quand on a seize ans, l'âge des découvertes et de tous les excès, qu'on s'est fait subtiliser ses boots fétiches par sa mère, qu'on est (justement) révoltée, qu'on est amoureuse, et que la mort qui plane ajoute au romantisme, on a l'énergie, le cœur et... l'obstination pour deux !
Un film certes plus pour ados que vieilles barbes désabusées, que Lou Doillon porte sur ses épaules, aidée il est vrai par un cadreur exceptionnel qui ne la "lâche" jamais...
Et mention spéciale pour Christine Citti, dont la courte mais formidable apparition nous fait regretter de ne pas la voir plus souvent - cinéma et théâtre confondus !
AR ? Merci pour le geste
Du bon et du moins bon.
Du bon côté interprétation, sentiments et... incompréhension, et du moins bon car tout SDF est loin d'avoir une (ex-)femme et une fille riches et bourgeoises, chacune prêtes à recueillir le mari / le père prodigue : ne généralisons pas !
AV ! Peur bleue (Deep blue sea)
Vieille recette certes, mais toujours aussi efficace : sursauts garantis !
De ces dix petits nègres, je vous recommande tout particulièrement la belle (à croquer) Saffron Burrows à la voix si sensuelle...
AR ? Le pique-nique de Lulu Kreutz
Malgré les très beaux paysages, cela reste du théâtre filmé, aux dialogues assez empruntés, parfois même pinailleurs (à la Sarraute), et rarement spontanés...
Les interprètes, eux, nous offrent le meilleur d'eux-mêmes : Noiret fait du Noiret, Carole Bouquet (!) la plante, Niels Arestrup boit, et Michel Aumont, Judith Magre, Stéphane Audran et Johan Leysen jouent. Bien. Très bien.
AV : Stigmata
Une bonne surprise que ce X-file à la recherche d'un évangile perdu, oublié ou... censuré ?
Une histoire similaire mais plus solide que la récente fin des temps, où cette fois-ci Gabriel Byrne est le bon, et où Patricia Arquette reste... bonne !
AR ? Toreros
Pas vraiment de corridas, mais ce n'est pas la question...
Pour Olivier Martinez et... Claude Brasseur, décidément abonnés aux duos ?
AE : Trader (Rogue trader)
Basé sur une histoire vraie, et le livre autobiographique de Nick Leeson.
Du coup, au niveau action, on s'ennuie ; et comme le mécanisme de cette fuite en avant boursière est bizarrement évité, côté technique, on n'apprendra rien : bref, on reste doublement sur sa faim !
semaine du 12 au 18 janvier 2000 :
AV : 3 saisons (Three seasons)
Quelques tranches de vie dans le Saïgon d'aujourd'hui, qui peuvent se croiser çà et là, au gré des courses en pousse-pousse, et - qui sait ? - se rejoindre...
De belles images - des fleurs de lotus à une jolie... fleur de pavé ! - illustrant cependant une fracture sociale qui, ici non plus, ne semble pas près de se combler, au contraire !
AR : Ami/amant (Amic/amat)
... ou Que restera-t-il de nous quand nous ne serons plus ?
Bizarrement, l'équipe du réussi Actrices a fait l'impasse sur les relations mère-fille : bonjour les lieux communs et les dialogues affligeants !
Puisque ce n'était pas (vraiment) le sujet, autant s'abstenir - enfin...
En revanche, côté "père"-"fils" (plus qu'ami-amant !), c'est assez bien réussi : il en restera bien une étincelle de nous !
AV : L'arriviste (Election)
Une composition étonnante de Reese Witherspoon en "planificatrice" obstinée qui assemble les uns après les autres les barreaux de l'échelle qui doit la mener à l'ascension sociale façon american dream, en dépit d'un professeur revenu de ses folles journées - mais que viendra chatouiller le démon de midi !
Une critique d'un certain way of life, plus profonde et plus grinçante que l'on pouvait croire... à première vue !
AV ? La cerisaie (The cherry orchard)
Passées les (très) belles images de cerisiers, on doit quand même avouer que cela reste bien léger, pas de la (fausse) légèreté propre aux pièces de Tchekhov, mais de celle des mises en scène qui n'ont pas su (pu) se montrer à la hauteur de leur sujet : dommage...
Il est vrai que quand on a déjà vu plusieurs versions de La cerisaie - dont une très réussie il y a quelque temps au Théâtre municipal d'Avignon (reprise à la Cité Internationale Universitaire) - on finit par avoir des idées assez bien arrêtées sur ce qui serait "acceptable" au grand écran...
AV ? La légende du pianiste sur l'océan (The legend of "1900")
On a trouvé ce "voyage" un peu long, sans doute parce qu'on avait déjà vu une adaptation (théâtrale) du roman Novecento dont il est tiré, adaptation qu'on avait aussi trouvée un peu longue - serait-ce la faute du livre ?
Bon, il y a quand même de bons moments, comme une histoire de cigarette, ou de voix de l'océan...
Sinon, à propos de paquebot, si vous avez manqué récemment sur Arte La femme de chambre du Titanic, lisez donc le roman homonyme de Didier Decoin (Points Seuil) qui l'a inspiré !
AV : Ma mère, moi et ma mère (Anywhere but
here)
Toujours Susan Sarandon, toujours fugueuse, mais cette fois - après Gena et Stephen - avec
Natalie (sans ‘h')
Portman
!
Les démêlés d'une mère et de sa fille, l'une sérieuse, l'autre immature - devinez laquelle des
deux !
AV ! Princesse Mononoké (Mononoke
Hime)
Pas mièvre pour deux yens (pastoral mais démarre très fort !), très moderne (cf. les techniques
de modélisation des
nuages,
brumes, vapeurs et autres fluides "particulaires", le discours
écologique) mais puisant aussi dans les mythes et légendes du Japon - et d'ailleurs...
Bref, on ne voit pas passer les deux bonnes heures de cet enchantement : on en redemande
!
AR ! Ratcatcher
Glasgow, les années 70, des familles en attente d'être relogées qui vivent dans des taudis au
bord d'un canal, en
pleine grève
des éboueurs : a priori pas de quoi rêver !
Et pourtant si, cela devient même une obligation pour le jeune héros malgré lui d'un - hélas ! -
banal fait divers, point
de
départ d'une histoire qui saura échapper au sordide, comme une perle que
l'on sort de la boue, ou... une boule de neige qui atteint la lune !
AR ! Ressources humaines
... ou les 35 heures !
Social, mais ni chiant, ni dogmatique, ni démonstratif - une gageure !
Scénario, dialogues et... interprétation remarquables - dans la lignée du palmarès de Cannes 99...
AV ? Resurrection
Au passif : la ressemblance avec
Seven,
le fait que l'on nous
dise trop
vite à quel symbole correspondent les indices, le déroulement attendu de l'intrigue,
Christophe
Lambert...
À l'actif : se laisse malgré tout regarder, Christophe Lambert...
AR ? Le sang (O sangue)
Austère, en noir et blanc, elliptique : bref, pour
cinéphiles.. qui aiment les
puzzles !
Sinon, comme une impression de déjà vu à la fête
foraine -
coïncidence ?
AV ! Sonia Horowitz (A price above
rubies)
Non, ce n'est pas Meg Ryan qui enquête chez les joailliers talmudiques, c'est la décidément
pleine de charme Renée Zellweger qui, mariée à un futur grand
rabbi à
la Kadosh, finira par
reconquérir sa liberté envers ou grâce à sa belle-famille (beau-frère et belle sœur !) et... à la
veuve du grand rabbi
!
Un film - qui vaut son pesant de rubis - à voir d'urgence(s) !
AV ? Suspicion (The intruder)
Sûr que le cinéma ce n'est pas que des images qui bougent, et que même un (bon) scénario ne se réalisera pas tout seul !
Bref, dommage mais à refaire - même si on retrouve un peu d'intérêt dès lors que la mécanique quantique fait son apparition...
AV : La taule
... ou le taulard sur le toit ?
Très proche de Zonzon, avec
peut-être un
peu plus d'humour,
par le
réalisateur de Baby blood - gore, mais déjà non dénué d'humour !
Jouissif.
AR ? Tout est calme
Moins corrosif que le précédent (trop calme
?),
mais hélas toujours bâclé (quoique sympathique), et au rythme et à la
direction incertains...
Bref, MM. les producteurs, donnez donc du fric à Mocky, et obligez-le à tourner son prochain
film en deux ans, et
pas... en
deux mois !
semaine du 5 au 11 janvier 2000 :
AV : Bangkok aller simple (Brokedown
Palace)
Une sorte de Midnight Express à la Force majeure, mais version carte postale,
avec une jolie blonde
(Claire
Danes) et une jolie brune (Kate Beckinsale) - mais ici c'est la blonde qui "ne compte
pas pour des prunes"...
Et dans le rôle de l'avocat, Bill Pullman, mariée à une jolie avocate thaïlandaise - ça aide
!
Eh bien, on a aimé - preuve en est que Claire
Danes peut décidément
donner
des lettres de noblesse à n'importe quel rôle !
AR : Dans ce pays-là
"... Monsieur, il y a... de la vodka !
Faut vous dire, Monsieur, que dans ce pays-là, en hiver, il fait froid !"
Rus(se)tique et dépaysant - mais aussi drôle et surtout... tendre !
AV : Jonas et Lila, à demain
Une sorte de bilan de fin de siècle à travers ce que pense Alain Tanner (et ses lectures !) de
l'état de la société...
Mais s'il n'est guère optimiste, s'il constate et pose des questions plutôt que de proposer, le
bout de chemin avec
Jonas et
Lila auquel il nous convie est cependant très plaisant :
c'est bien "comme ça" qu'il fallait œuvrer !
(Et puis on espère revoir bientôt Natalia Dontcheva dont le faux air de Mira Sorvino
cache, n'en doutons pas, un
talent
du même acabit !)
AR ? Mariage à l'anglaise (The year's
love)
Prendre quelques spécimens vivant à Londres (à peu près autant de mâles que de femelles -
parité oblige !), d'accent
et
d'aspect variés, mélanger, secouer un bon coup tous les ans pendant trois
ans et déguster...
Rien à dire sur les acteurs, tous excellents ; en revanche, côté scénario, on se demande s'ils
l'avaient lu - ou plutôt s'il
y en
avait un écrit !
Car "associer" ses personnages deux à deux et permuter jusqu'à épuisement des
combinaisons,
ce n'est pas un film :
cela fait
plutôt penser à un exercice de 6è sur les ensembles ou à une liste de
supermarché !
AR ? Le premier jour (Midnight)
Dans la lignée des passages à l'an 2000
commandés par Arte,
voici la
version du réalisateur de Central do
Brasil
- qui était plutôt
décevant
!
Ici, la fin ne l'est - heureusement ! - pas trop : on pourra donc l'attendre ; mais l'ensemble
manque de relief !
Bref, l'idée aurait mérité d'être confiée à des mains plus habiles, d'être soumise à des neurones
plus nombreux...
... pour un certainement meilleur résultat !
AV ! Sixième
sens (The sixth
sense)
Enfin un film où Bruce Willis ne casse rien - au sens propre du terme !
On ne peut que s'en féliciter, espérer que son public habituel ne le boudera pas, rappeler qu'un
bon scénario (et la
réalisation, de M. Night Shyamalan itou) est décidément la pièce maîtresse d'un
film... réussi !
AE : Summer of Sam
Personnellement, j'ai trouvé ce film long (2 h 22), pas tant à cause de la mise en scène mais
du
sujet : en 1977, dans
le
Bronx, les démêlés conjugaux d'un couple italo-hispanique sur fond de
canicule, de disco (beaucoup), de punk (un peu) et des Who, le tout baignant dans le
"serial killer" - pour
essayer
de relever la sauce ?
Bref, aucun intérêt : allez plutôt revoir un des films précédents de Spike Lee - avec des
acteurs
noirs !
AR ? Un thé avec Mussolini (Tea with
Mussolini)
... ou il faut sauver Wil... euh Florence, c'est-à-dire l'Art !
Bref, si Carthage devait être détruite, Florence devait être sauvée - de la Seconde Guerre
Mondiale, s'entend !
On sait qu'elle y survécut ; on est moins sûr que Zeffirelli contribuera par ce film à sauver
l'Art...
Car si le titre est provocateur, rassurez-vous : il ne sera pas question de politique !
Alors, un film sur quoi ?
Disons un film qui lorgne sur le "thé" de son titre, avec son cortège de vieilles dames
britanniques tombées
amoureuses de
Florence, et qu'une guerre, fût-elle mondiale, ne saurait expulser !
De Maggie Smith (dont le talent constant réussit la gageure de nous faire oublier le ridicule
non moins constant des
tenues
qu'on lui assigne, film après film) à Judi Dench (pour qui la Bonté
semble avoir définitivement pris ses quartiers dans ses yeux) en passant par Joan Plowright
(qui donnerait sa vie
pour
sauver une madone peinte des agressions fascistes) sans oublier les non
moins excentriques américaines Lili Tomlin (qui préfère les belles au Beau) et Cher (qui
préfère les beaux mais
épouse les
vieux et leur coûte... cher !), toutes s'accrocheront à cette Florence si
proche de son crépuscule des dieux...
Bref, c'est un peu la fin d'un monde, un monde "en robes surannées"... et un film, un
film à contempler...
Non, le seul point qui dérange, c'est la légèreté quasi-révisionniste avec laquelle cette sombre
page de l'Histoire est
traitée
par un réalisateur qui semble, au contraire de ses héroïnes, avoir pris
un sacré coup de vieux - comme un rhumatisme de l'habileté... ou de la mémoire !
AR : Le voyage de Felicia (Felicia's journey)
En contraste avec un film précédent où le deuil s'accordait au silence des espaces neigeux et stériles, ambiance particulièrement bruyante - sans doute en phase avec l'agitation intérieure des deux protagonistes de ce film ...
Lorsque l'on est rentré dans le jeu du réalisateur, et qu'après avoir trouvé ses marques, s'être posé et avoir répondu aux questions quant au genre et à l'évolution prévisible de l'histoire, et en avoir apprécié l'humour comme une (bonne) recette de cuisine (french accent oblige !), on commencerait presque à trouver le temps long si tout à coup on n'avait cru voir dans la proposition du "gros homme tourmenté" le Malin à l'œuvre, avec une évidence et une simplicité sans rapport avec le kitsch d'un Gabriel Byrne décidément abonné à ce stéréotype de série Z...
Mais il s'agit d'une fausse piste, puisqu'il n'y a pas de dilemme faustien proprement dit, tout comme, alors qu'on aurait pu croire à une sympathie malvenue pour le "Jéhovahnisme", le "miracle" tourne bride (avec ses témoins !), et la rédemption, si rédemption il y a, reste une affaire humaine avant tout : une décision, un choix humains...
Et le "voyage" de Felicia, bel et bien un voyage...
Question subsidiaire : si une ex-muse (Arsinée Khanjian) peut (souvent) devenir une mère, arrive-t-il aussi quelle devienne la mère ?
semaine du 29 décembre 1999 au 4 janvier
:
Fantasia 2000
Sans nul doute, la version Imax - image et son - vaut le détour...
Mais il n'existe à ce jour qu'une seule salle en France ainsi équipée, hélas !
AR : La fin de l'innocence sexuelle (Death and loss of sexual innocence)
La fin de l'innocence, tout simplement, pas la peine de racoler !
...ou Nic's story, à 5 ans, 10 ans, 17 ans, adulte - et la perte de ses innocences...
Plus visuel et musical que dialogué, un film au montage non linéaire à regarder par l'auteur du plus classique - mais excellent - Pour une nuit...
AV : Les fugueurs (Earthly possessions)
.... ou Thelma & Louis ?
Une fugue très plaisante, quoi qu'en disent des critiques mal lunés - sans doute fatigués de l'année écoulée...
Pour Susan Sarandon, bien sûr, mais Stephen Dorff se défend !
AR ! Kaos II (Tu ridi)
D'une richesse telle que chacun, selon sa sensibilité, y trouvera son degré de lecture...
... et pourra même avantageusement, pour approfondir le sujet, lire Pirandello et la Sicile (chez Grasset, dans la collection Les Cahiers Rouges) et voir Sicilia ! encore au Studio des Ursulines...
Beau à chialer.
AV : Une pour toutes
... et toutes pour Lelouch, le collectionneur ?
Moins alambiqué que le précédent, Hasards et coïncidences - que je vous conseille de (re)voir ! - mais pas trop simple quand même !
Du Lelouch, donc, mais on aime...
... particulièrement ce 31 décembre 1999 !
AV : La honte de la jungle
Pas pour enfants - ou alors ayant depuis longtemps perdu leur innocence !
En 1974, il devait être interdit aux moins de dix-huit ans, vingt-cinq ans plus tard c'est au moins de douze ans - O tempora, o mores !
Plus verbeux que sexe - question d'époque ?